NOUVELLES
03/11/2016 10:13 EDT | Actualisé 04/11/2017 01:12 EDT

France: décollage supersonique d'une vente d'objets de Concorde

Des premiers lots mis à prix à 15 ou 30 euros et adjugés au-delà de 150 euros: une vente aux enchères d'objets liés au Concorde a connu un décollage supersonique jeudi à Toulouse, dans le sud-ouest de la France.

Jusqu'à samedi, 1.091 lots, dont 90% sont liés à cet avion mythique, qui a réalisé son dernier vol le 30 juin 2003, sont proposés à la vente. Il s'agit d'instruments de bord (anémomètres, machmètres...), de pièces mécaniques et des souvenirs (maquettes, couverts, menus...).

"100 nous sommes. Est-ce qu'on trouve une enchère à 110 (euros). 100 une fois. 110 sur le live, 120 dans la salle...". Sur son estrade, le commissaire-priseur Marc Labarde n'a pas besoin d'insister pour faire grimper les prix des lots identifiés "Concorde".

Dès le début, un ensemble de pin's ou un porte stylo partent à 170 euros tandis qu'une maquette en bois s'envole à 700 euros et deux fauteuils partent à 2.400. Au total, l'ambition est d'atteindre 500.000 euros de gains sur l'ensemble des trois jours.

Pour cette première partie d'enchères, seulement une trentaine de nostalgiques, collectionneurs mais aussi designers, ont pris place dans la salle. Ils sont en revanche beaucoup plus nombreux sur internet.

"C'est la différence avec la vente en 2007", constate Me Labarde, déjà à l'oeuvre lors d'une première opération, qui avait rapporté "quelque 850.000 euros et financé une partie du musée toulousain de l'aéronautique Aéroscopia".

En 2007, 400 personnes remplissaient la salle et 14 téléphones avaient été installés pour les enchères à distance. Cette fois, il y a une centaine de sièges et six téléphones mais plus de 400 inscrits sur le live d'internet, notamment aux États-Unis, Australie, Finlande ou Allemagne.

Une cuvette de toilettes, une aile Delta de soufflerie (qui a aidé à la fabrication de l'aile du Concorde), ou encore les instruments, dont les trois machmètres (instrument de mesure de la vitesse d'un appareil supersonique) devraient être parmi les pièces qui s'arracheront le plus, selon le commissaire-priseur.

"Le machmètre, même les pilotes du Concorde en rêvent", remarque-t-il, assurant que la plupart des pièces ont un "caractère esthétique remarquable" et peuvent s'inscrire dans de la décoration d'intérieur.

Tout spécialement venu de Munich, Daniel Hartinger, 31 ans, a jeté son dévolu sur un lot de bords d'attaque dégivrés. "Cet arrondi d'aile, c'est vraiment typique du Concorde", s'extasie cet Allemand.

"Je suis attiré par les tuyaux car je fais de la sculpture", explique pour sa part Chantal Luro, une Toulousaine de 60 ans, avouant "(s)a fascination pour l'avion" que le chanteur Claude Nougaro appelait l'oiseau. "Je ne l'ai jamais pris", déplore la retraitée, décidée à en ramener des petits morceaux pour "décorer (sa) maison".

rz/cpy/chp/pg