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03/11/2016 10:18 EDT | Actualisé 04/11/2017 01:12 EDT

Espionnage de journalistes : Trudeau ouvert à revoir le Code criminel

Le gouvernement fédéral doit s'interroger sur ce qu'il peut faire pour mieux protéger les sources journalistiques, affirme le premier ministre canadien Justin Trudeau, dans la foulée des nouvelles révélations d'espionnage de journalistes de la part de la Sûreté du Québec (SQ).

M. Trudeau affirme cependant que les Canadiens peuvent être rassurés quant aux pratiques en vigueur à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

En conférence de presse jeudi midi, M. Trudeau a été interrogé sur la possibilité que son gouvernement revoit l'article 193 du Code criminel, évoqué par la SQ mercredi pour justifier l'espionnage des communications de six journalistes québécois en 2013. 

« Je sais que dans un monde où il y a quand même des dangers, nous nous devons d'être responsables dans notre fonctionnement », a-t-il ajouté. « Mais c'est fondamental à nos valeurs, à notre identité, en tant que pays libre et juste, que les journalistes puissent faire leur travail d'informer les Canadiens et donc de protéger leurs sources confidentielles. »

Trudeau « rassuré » par la GRC et le SCRC

M. Trudeau a par ailleurs révélé qu'il avait communiqué avec le commissaire de la GRC et les responsables du SCRS dans la foulée de cette affaire pour s'assurer qu'« aucune activité de ce type [ne] se passe au niveau fédéral ».

En mai dernier, CBC avait révélé que deux journalistes de La Presse, Joël-Denis Bellavance et Gilles Toupin, avaient bel bel et bien été espionnés pendant neuf jours, en 2007, par des agents de la GRC.

Les deux hommes avaient fait l'objet d'une surveillance physique de la part d'enquêteurs, qui souhaitaient ainsi découvrir la source qui leur avait dévoilé des détails d'une conversation impliquant Adil Charkaoui et un plan pour détourner un avion.

Après neuf jours, les enquêteurs avaient demandé une autorisation formelle au quartier général de la GRC, mais cela leur avait été refusé. La direction avait alors ordonné que les journalistes ne soient pas considérés comme des suspects. Elle précisait qu'aucune autre démarche ne devait être entreprise sans le consentement de la direction.