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03/11/2016 12:18 EDT | Actualisé 04/11/2017 01:12 EDT

Espagne: le nouveau gouvernement Rajoy garde le cap de la rigueur

Le conservateur Mariano Rajoy, reconduit samedi à la tête du gouvernement espagnol, a formé jeudi une nouveau cabinet qui devrait maintenir le cap de quatre ans de rigueur budgétaire décriée par la gauche.

"Nous avons opté pour la continuité d'une équipe économique (...) fondamentale pour sortir de la situation économique que vivait l'Espagne il y a cinq ans", a expliqué le chef du groupe parlementaire du Parti populaire (PP, droite) Rafael Hernando.

L'économiste Luis de Guindos, 56 ans, porte-drapeau de la politique d'austérité menée par M. Rajoy depuis son arrivée au pouvoir en pleine crise, fin 2011, conserve le portefeuille de l'Economie.

Cristobal Montoro, docteur en Economie et universitaire de 66 ans jugé proche du chef du gouvernement, conserve également le portefeuille stratégique du Budget.

Interlocuteur privilégié de Bruxelles depuis 2011, Luis de Guindos s'était montré soucieux de rassurer les marchés pendant les dix derniers mois de blocage politique.

Dans le pays en sortie de crise économique, il parie sur une poursuite de la croissance de 2,9% en 2016 contre 3,2% en 2015. Mais le ministre a récemment reconnu que, pour réduire le déficit, le gouvernement devra faire de nouvelles coupes budgétaires, chiffrées par Bruxelles à environ 5,5 milliards d'euros.

M. Rajoy avait prévenu samedi la chambre des députés qui s'"apprêtait à lui voter la confiance qu'il resterait fidèle à son programme et ne détricoterait pas ses réformes, même s'il gouverne en minorité.

"Il garde des ministres qui ont eu la pire attitude en termes de dialogue", a déploré un porte-parole du Parti socialiste, Mario Jimenez. "Cela augure des pires résultats".

La formation de gauche radicale Podemos a également dénoncé un gouvernement "antisocial".

"Cela augure des pires résultats", a ajouté le porte-parole socialiste qui a également dénoncé le nombre insuffisant de femmes au gouvernement.

Le PP de M. Rajoy a perdu sa majorité absolue depuis fin décembre 2015 et ne dispose plus que de 137 sièges sur 350, alors que son gouvernement aura la lourde tâche de consolider la reprise économique et de faire face aux indépendantistes en Catalogne, après dix mois de blocage passés à expédier les affaires courantes.

Mariano Rajoy, président du PP, était parvenu à remporter les législatives de décembre puis de juin, mais avec un tiers des voix seulement, usé par les affaires de corruption touchant le parti.

Il a finalement été reconduit chef du gouvernement par la chambre des députés samedi, grâce à l'abstention de socialistes.

-Un Européen aux Affaires étrangères-

Aux Affaires étrangères, Mariano Rajoy a fait arriver un nouveau, spécialiste de l'Europe: Alfonso Dastis Quecedo, juriste âgé comme M. Rajoy de 61 ans, était le représentant permanent de l'Espagne auprès de l'Union européenne depuis fin 2011.

Diplomate de carrière, il cherchera sans doute à mettre de l'huile dans les rouages avec la Commission européenne qui s'exaspère des promesses non tenues par l'Espagne en termes de maîtrise de son déficit public.

M. Rajoy garde aussi la ministre de l'Emploi, Fatima Bañez, qui a mis en place une réforme du droit du travail ayant facilité les licenciements.

Le porte-parole socialiste a également dénoncé le nombre de femmes au gouvernement, insuffisant selon lui.

Ainsi, la vice-présidente du gouvernement, la juriste Soraya Saenz de Santamaria, 45 ans, ne sera plus sa porte-parole, héritant cependant de la délicate tâche de gérer les rapports avec les 17 régions.

Cinq ministères sur 13 -- en comptant celui de Mme de Santamaria -- ont été confiés à des femmes.

Le cabinet compte au total six nouveaux ministres, notamment à l'Intérieur où arrive un ancien maire de Séville, Juan Ignacio Zoido, 59 ans.

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