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03/11/2016 06:10 EDT | Actualisé 04/11/2017 01:12 EDT

Bergeron ne sera plus la voix du PQ en matière de sécurité publique

EN DIRECT - Stéphane Bergeron n'est plus le porte-parole de son parti en matière de sécurité publique. En conférence de presse, jeudi, le député de Verchères dit avoir offert à son chef Jean-François Lisée de quitter cette fonction parce qu'il est devenu une « distraction » en raison de son rôle dans l'espionnage de six journalistes par la Sûreté du Québec.

« J'ai bien compris que j'étais un élément de distraction qui permettait qu'on ne discute pas du fond de l'affaire, mais de quelque chose qui m'apparaît somme toute assez anecdotique », a expliqué celui qui était ministre de la Sécurité publique au moment où l'enquête visant les journalistes a été déclenchée.

M. Bergeron, qui sera remplacé dans ses fonctions par le leader de l'opposition officielle, Pascal Bérubé, maintient cependant qu'il n'a rien à se reprocher dans cette affaire : il dément avoir exigé une enquête sur les journalistes lorsqu'il a parlé au directeur général de la SQ à l'époque, Mario Laprise, en septembre 2013.

Cette discussion entre les deux hommes serait survenue après que le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Michel Arsenault, eut écrit au ministre Bergeron pour se plaindre que des journalistes avaient obtenu des transcriptions de la surveillance dont il a fait l'objet dans le cadre de l'opération Diligence.

L'actuel directeur général de la SQ, Martin Prud'homme, était à l'époque sous-ministre à la Sécurité publique, et aussi été impliqué dans ces conversations.

Il a réclamé mercredi qu'un « tiers indépendant » enquête sur la décision de la police provinciale d'éplucher les registres téléphoniques des journalistes visés, même si la SQ affirme officiellement que les journalistes étaient suspectés d'avoir utilisé ou divulgué une communication privée interceptée, un crime reconnu par le Code criminel.

« D'aucune façon on aurait dû mettre les journalistes sous enquête. C'est ce qui s'est passé et c'est ce que je déplore », affirme M. Bergeron. « Ce n'était pas eux qui étaient sous enquête. »

S'il a parlé à M. Laprise, dit le député péquiste, c'est qu'il était préoccupé que « des fuites internes puissent faire dérailler des enquêtes criminelles », et qu'il était de son « devoir » de s'en assurer.