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03/11/2016 09:02 EDT | Actualisé 04/11/2017 01:12 EDT

Allégations de fraude à la SIQ : le monde politique préoccupé

Les échanges se sont déroulés à couteaux tirés lorsque les révélations d'Enquête au sujet d'allégations de fraude impliquant la Société immobilière du Québec (SIQ) et des collecteurs de fonds du Parti libéral du Québec (PLQ) ont surgi à la période des questions, jeudi à Québec.

Un texte de Mathieu Dion

correspondant parlementaire à Québec

« Combien d'argent sale de cette fraude historique s'est retrouvé dans les coffres du Parti libéral? », a tonné Agnès Maltais, porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière d'éthique et d'intégrité. Mme Maltais a exigé du premier ministre le déclenchement d'une vérification sur son parti.

Malgré les questions répétées à l'endroit de Philippe Couillard, c'est le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, qui a pris la défense du gouvernement, se limitant à reprendre nos informations voulant que l'Unité permanente anticorruption poursuit son enquête et que le Directeur des poursuites criminelles et pénales étudie le dossier.

« Je trouve ça pitoyable parce qu'on est devant des principes absolument fondamentaux d'indépendance et de séparation des pouvoirs. Et on dit en pointant du doigt comme ça : allez-vous intervenir dans des enquêtes? », a répondu M. Coiteux.

En mêlée de presse un peu plus tard, son collègue Carlos Leitao s'est dit plus inquiet.

S'il s'est fait avare de détails, M. Leitao a néanmoins affirmé que la SIQ a été avertie des problèmes en 2012 par la Sûreté du Québec et que des changements ont été mis en place depuis. L'année suivante, la SQI a fusionné avec Infrastructure Québec pour devenir la Société québécoise de l'infrastructure.

Un lien à clarifier entre Bartlet et Couillard

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, est d'avis que ces allégations viennent s'ajouter à un dossier « qui était déjà extrêmement épais ». Aux dires de M. Lisée, le premier ministre devra répondre à de nombreuses questions.

 « Ce sont des personnes qui étaient très proches du Parti libéral », a-t-il remarqué, soulignant que l'une d'entre elles - William Bartlet, en l'occurrence - avait travaillé comme organisateur de M. Couillard lorsqu'il s'est fait élire pour la première fois dans la circonscription de Jean-Talon. Ces gens « étaient des rouages essentiels du Parti libéral de l'époque; où sont-ils maintenant? », a-t-il demandé.

Peu surpris par ces allégations, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a invité Philippe Couillard à admettre ce qu'il savait dans ce dossier. « Il faut qu'il arrête de dire que le ménage a été fait, que tout est réglé, a-t-il affirmé. De toute évidence - au moins à la SIQ -, on n'est pas allé au fond du dossier. »

Le porte-parole de la CAQ en matière d'efficacité de l'administration publique, Éric Caire, s'est d'ailleurs interrogé en chambre sur la nature exacte des liens entre MM. Couillard et Bartlet.

Tous les partis ont dit vouloir attendre la diffusion du reportage télévisée d'Enquête jeudi soir avant de faire des propositions.