DIVERTISSEMENT
02/11/2016 05:47 EDT | Actualisé 02/11/2016 05:48 EDT

Fantastiques, les «FantastiX»! (PHOTOS)

Ambitieuse entreprise qu’est le spectacle Les FantastiX, production du Groupe Entourage mise en scène par Olivier Loubry, sorte de judicieux amalgame entre le théâtre interactif et la magie, où se superposent illusionnisme, mentalisme, cirque et hypnotisme, sur fond de récit futuriste-fantastique teinté d’humour.

La fresque familiale a nécessité un investissement hautement médiatisé de plus de deux millions de dollars, et les visées sont grandes pour le projet, déjà assuré d’un séjour en Europe d’au moins huit dates en février prochain. Les FantastiX est d’ailleurs le fruit d’un partenariat Québec-France, qui permet sans doute le faste et la grandeur du résultat. Ici, il faut dire qu’Entourage en connaît long sur les rouages de l’hypnose, comptant entre autres dans son écurie le toujours fascinant Messmer.

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L’annonce de la mise sur pied des Fantastix avait fait grand bruit l’année dernière. L’auteur Bryan Perro avait contribué à jeter les bases de l’idée de départ, mais s’est désisté du collectif depuis. Aujourd’hui, en plus d’Olivier Loubry, ce sont entre autres les noms d’Éric Young (idée originale, contribution à la mise en scène), Stéphane Bourgoin (direction magie), Gérard Pullicino (collaboration au contenu) et Maud St-Germain (chorégraphies) qui figurent au livret des FantastiX. La scénographie et les éclairages – un élément très important des FantastiX - est l’œuvre de LÜZ Studio. Toute cette équipe a mis le paquet et n’a lésiné sur aucun effort pour faire de sa création un événement incontournable qui épatera, réjouira et fera jaser.

Ainsi, un jeu aussi risqué en valait-il la chandelle? Le produit fini est-il à la hauteur? Le placement d’une telle somme de deniers s’avérera-t-il profitable?

Absolument, à tous les égards et, en ce qui concerne la rentabilité, on le souhaite grandement. Diablement amusant, drôle, impressionnant et bien construit, cet enchaînement de tableaux forts est un régal pour l’œil et l’esprit et comblera les publics de tous les âges. Les enfants étaient d’ailleurs nombreux, mardi, soir de première médiatique au Théâtre St-Denis, et les adultes réagissaient avec autant d’enthousiasme que les plus jeunes.

De 2016 à 2082

La base des FantastiX repose sur cinq prestidigitateurs costumés de capes, de paillettes et d’autres habits qui feraient sourciller encore davantage qu’un t-shirt de Safia Nolin si on les croisait dans la rue. Mais les accoutrements n’ont rien de ridicule non plus ; un savant dosage a été atteint entre fiction (science-fiction?) et réalité.

Le quintette de personnages, dans l’histoire, arrive directement de 2082, alors que l’humain croit avoir atteint son plein potentiel technologique, sans être toutefois parvenu à infiltrer le cerveau humain.

Les cinq vedettes des FantastiX sont des recrues de la MentiX Mantra, une société secrète qui a pour mission d’exploiter les ressources cérébrales humaines pour permettre aux hommes d’assurer leur suprématie sur l’intelligence artificielle. Tous dotés de caractéristiques et de pouvoirs propres, ils rivalisent d’exploits devant les spectateurs pour illustrer l’étendue des capacités de nos neurones.

Il y a Val le magnétiseur (Julian Phetnouvong), capable d’entrer dans le subconscient des gens et de façonner leurs pensées ; Max l’enchanteur (Sébastien Louis-XVI), mystificateur de l’esprit par le geste et saltimbanque-circassien ; Red l’éveilleuse (Caroline Petrement), acrobate et mentaliste ; Ari l’envoûteur (Jérémie Earp), qui règne sur la matière en lui donnant forme ou en la faisant disparaître, et Gao le passeur (Nicolas Gignac), guide magicien et dompteur animalier.

Chacune de ces figures interagit avec le public pendant la prestation et y va de ses prouesses propres à divers moments : tours de magie, acrobaties, courts numéros de danse, courts monologues, etc.

Les tentatives d’hypnose sur la salle succèdent aux segments de sangles ou de tissus aériens, par exemple, ce qui donne lieu à un éventail de moments variés. On peut faire surgir une bouteille de vin d’une mitaine de four, «forcer» des gens à imiter des serpents (avec langues sorties et sifflement d’usage!), faire croire à ces mêmes personnes qu’elles sont en état d’ébriété, ou encore leur faire esquisser un dessin en «contrôlant» leurs pensées. Et on pose un regard comique sur 2016 vu du futur, parce que, rappelons-le, on est ici en 2082.

Le tout est assaisonné de gags caustiques ou légers (on décoche des flèches à l’UQÀM, aux Pokemon et à Vidéotron, Def Leppard est rebaptisé Def Leopard) et de blagues à double sens qu’on voit rarement venir. Les artistes des FantastiX ne sont pas de grands comédiens, mais se débrouillent avec aisance dans ces multiples niveaux de jeu, le «quatrième mur» n’existant tout simplement pas, même si on est dans un univers purement inventé et non dans le stand up pur.

Sur trois écrans sont multipliés les effets visuels derrière la troupe au gré de l’action, dont l’un en forme de diamant qui surplombe la scène. Et l’assistance est très souvent sollicitée. Tantôt, les membres de la MentiX Mantra descendent au parterre pour échanger avec les spectateurs, et plus tard, ce sont ceux-ci qui sont invités à entrer dans le jeu et à se porter cobayes pour les diverses expériences. Rien de bien méchant, rassurez-vous ; seul votre orgueil pourrait en prendre un coup si vous êtes réceptifs à l’hypnose!

Pour en savoir plus sur Les FantastiX, on consulte le site web officiel de la production. Le spectacle tient encore l’affiche du Théâtre St-Denis les 4, 5 et 6 novembre, de même que les 30 et 31 mars et 1er avril 2017. Une tournée du Québec suivra dès la semaine prochaine, et une émission spéciale intitulée Les FantastiX – La magie des stars, animée par Guy Jodoin, sera bientôt diffusée à TVA. José Gaudet, Joël Legendre et Anouk Meunier, entre autres, y participeront.

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