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31/10/2016 02:06 EDT | Actualisé 01/11/2017 01:12 EDT

Violences contre la minorité hindoue au Bangladesh

Une foule en colère a vandalisé des temples et des maisons de la minorité hindoue au Bangladesh après la publication sur le réseau social Facebook d'un message présumé injurieux envers l'islam, ont indiqué lundi la police et des témoins.

Des dizaines de gens s'en sont pris dimanche soir à des lieux de culte hindous dans la ville de Nasirnagar (est) après qu'un pêcheur hindou de la communauté aurait posté sur Facebook une photo retouchée montrant une divinité de l'hindouisme dans la Kaaba, monument sacré de l'islam à La Mecque.

Deux organisations islamistes manifestaient pour demander l'arrestation et l'exécution du pêcheur lorsqu'un groupe de 100 à 150 personnes s'en est détaché pour attaquer des temples, a indiqué le chef de la police du district Mizanur Rahman.

Au moins 15 temples ont été vandalisés et des nombreuses effigies de dieux hindous démolies dans un accès de violence de plusieurs heures, a rapporté à l'AFP un responsable de la communauté hindoue locale.

"Ils ont vandalisé 200 maisons hindoues et mis le feu à huit échoppes. Au moins 150 hommes ont été blessés en tentant de résister à l'attaque", a déclaré Somesh Roy, un aîné de la communauté.

La police a annoncé avoir arrêté neuf hommes en lien avec les violences. Des garde-frontières paramilitaires ont été déployés dans la zone pour empêcher de nouveaux troubles.

"Nous avons aussi arrêté un hindou de 30 ans pour le message Facebook. Il sera inculpé de violation des règles d'usage d'internet", a dit le chef de la police de Nasirnagar Abdul Kader. Le message incriminé a déjà été supprimé, a-t-il ajouté.

Les hindous constituent un dixième de la population du Bangladesh, pays de 160 millions d'âmes à majorité musulmane.

Ce pays d'Asie du Sud avait notamment connu des attaques similaires contre des temples hindous après les élections controversées de 2014, boycottées par l'opposition et remportées par le parti laïc de la Première ministre Sheikh Hasina.

"Nous sommes las de ces incidents répétés. Il est malheureux qu'aucun des responsables des précédentes attaques ne soit traduit en justice", a déclaré à l'AFP Rana Dasgupta, un représentant national de la communauté hindoue.

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