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30/10/2016 20:31 EDT | Actualisé 31/10/2017 01:12 EDT

Toujours pas de verdict au procès de Jacques Corriveau

Après avoir passé la fin de semaine en isolement, le jury ne s'est toujours pas prononcé sur le sort de l'ex-organisateur libéral Jacques Corriveau. Alors qu'une cinquième journée de délibérations s'entamera lundi, les requêtes faites par les jurés portent à croire que les discussions progressent.

Un texte de Geneviève Garon

Encore dimanche, la tension a monté d'un cran lorsque le jury a demandé à réécouter les témoignages de deux experts-comptables, Isabelle Gourdeau et Karine Jodoin. Elles sont les deux derniers témoins de la Couronne à avoir été entendues à la fin du procès. Elles s'exprimaient au sujet du troisième et dernier chef d'accusation, soit « recyclage des produits de la criminalité ».

Leur témoignage portait entre autres sur les milliers de dollars que M. Corriveau a investis dans les rénovations de sa luxueuse propriété.

Cette requête du jury alimente assurément les suppositions. Est-ce qu'il faut en déduire que les jurés ont pris position par rapport aux deux premiers chefs d'accusation et qu'il ne leur reste plus qu'à trancher sur le dernier? Bien malin celui qui saurait lire entre les lignes.

Problèmes techniques

Même si les jurés ont fait leur demande dimanche midi, ils devront attendre à lundi pour écouter les enregistrements ou lire les transcriptions écrites des témoignages. Un problème technique les a empêchés d'écouter le CD dimanche. Ce sont les quatrième et cinquième témoignages qu'ils demandent à réécouter, après ceux de Robert Ferland et Michel Bibeau, d'anciens employés du Groupe Polygone-Expour et Jean Brault de Groupaction.

De son côté, Jacques Corriveau, 83 ans, a passé très peu de temps au palais de justice dimanche matin. Il est retourné chez sa compagne attendre un coup de fil de son avocat pendant toute la journée. Au début des délibérations, il s'est engagé à revenir sans délai lorsque les jurés seront prêts à rendre leur verdict ou que les avocats devront discuter d'une requête.

20 ans après le référendum

Les gestes qui sont reprochés à M. Corriveau auraient été posés après le référendum de 1995, au Québec.

Le gouvernement avait alors mis sur pied un programme des commandites pour faire rayonner le fédéralisme dans les événements de la Belle Province.

Des entreprises étaient payées pour afficher des pancartes avec le mot « Canada » dans des événements publics. Ou encore, mettre de la publicité du gouvernement dans des magazines, entre autres.

Selon la Couronne, l'ancien organisateur libéral Jacques Corriveau a mis de la pression sur le gouvernement dès 1997 pour que le Groupe Polygone Expour obtienne pour 40 millions de dollars en commandites. En retour, M. Corriveau aurait reçu 6,5 millions de dollars, qu'il aurait tenté de camoufler en produisant de fausses factures.

Celui qui était un bon ami de Jean Chrétien se défend d'avoir tiré des ficelles. Selon lui, si les salons « chasse et pêche » de Polygone étaient tapissés du logo « Canada », c'est parce que les responsables du programme des commandites estimaient que c'était une bonne façon de rejoindre les souverainistes québécois. C'était leur décision, point final.

Le jury doit rendre un verdict à l'unanimité sur les trois chefs d'accusation : trafic d'influence, production de faux documents et recyclage des produits de la criminalité.