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31/10/2016 02:44 EDT | Actualisé 01/11/2017 01:12 EDT

Pays-Bas: le procès du député Wilders pour incitation à la haine s'ouvre en son absence

Le procès du député néerlandais anti-islam Geert Wilders pour incitation à la haine s'est ouvert lundi en son absence, en plein débat politique à l'approche des élections législatives.

Son avocat Geert-Jan Knoops a lu une déclaration de Geert Wilders expliquant pourquoi il a choisi de ne pas comparaître devant le tribunal.

"C'est un procès politique et j'ai décidé de ne pas être présent. C'est mon droit en tant que politicien de m'exprimer s'il y a un problème aux Pays-Bas", a déclaré l'élu d'extrême droite dans le communiqué lu par M. Knoops.

Le tribunal à trois juges de Schiphol, près d'Amsterdam, est chargé de juger le député de 53 ans accusé de discrimination et d'incitation à la haine pour avoir promis "moins de Marocains" dans son pays.

L'affaire, qui devrait se tenir jusqu'au 25 novembre, porte sur des propos tenus lors d'une soirée après les élections municipales de mars 2014 à La Haye. L'homme à la chevelure peroxydée avait alors demandé à ses militants s'ils voulaient "plus ou moins de Marocains dans (leur) ville et aux Pays-Bas".

Face à une foule scandant "Moins! Moins! Moins!", il a répondu dans un sourire: "nous allons nous en charger."

Pour l'avocat du politicien le mieux protégé des Pays-Bas, sa décision de ne pas comparaître lundi "n'est pas une grande surprise".

"C'est dans la suite logique avec ses déclarations précédentes et nous, en tant que défense, respectons sa décision", a indiqué M. Knoops aux journalistes avant l'audience devant le tribunal hautement sécurisé.

Il s'agit d'un second procès de ce type pour Geert Wilders. En 2011, il avait été acquitté après avoir comparu à l'ensemble des audiences.

Une poignée de sympathisants s'étaient rassemblés lundi devant le tribunal, munis de banderoles scandant "moins de chevaliers de la moralité, plus de patriotes" et "au parlement, via Schiphol" en référence à l'argument de M. Wilders selon lequel ses déclarations devraient être discutées au parlement et non devant un tribunal.

"C'est dommage qu'il soit poursuivi en justice pour avoir dit ce qu'il pensait", a indiqué à l'AFP un manifestant, préférant garder l'anonymat.

S'il est jugé coupable, Geert Wilders pourrait écoper d'une peine maximale de deux ans d'emprisonnement ou d'une amende de plus de 20.000 euros, mais selon les experts, une amende plus légère ou une peine de travail d'intérêt général seraient plus probables en cas d'éventuelle première condamnation.

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