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31/10/2016 05:56 EDT | Actualisé 01/11/2017 01:12 EDT

Pakistan: nouveaux heurts avant une grande manifestation d'opposition

De nouveaux heurts ont opposé lundi la police pakistanaise à des militants d'opposition tentant de se rendre à Islamabad pour la grande manifestation de mercredi, que leur mouvement veut transformer en véritable démonstration de force contre le Premier ministre Nawar Sharif, accusé de corruption.

Environ 5.000 partisans du Pakistan Tehreek-e-Insaf (Mouvement pour la justice, ou PTI), certains armés de bâtons, ont tenté de démonter les barrages installés pour les empêcher de gagner Islamabad, et la police a riposté par d'abondants tirs de grenades lacrymogènes, a constaté l'AFP.

Ces heurts se sont produits à Swabi, à une cinquantaine de km de la capitale, sur l'autoroute qui mène à la province de Khyber Pakhtunkhwa (nord-ouest), la seule du pays à être gouvernée par le PTI.

"Un million de gens se rendront à Islamabad après-demain !", soit mercredi, a lancé leur chef de file Imran Khan, le chef du parti populiste, qui appelle depuis des mois à la démission de Nawaz Sharif, accusé d'être un "criminel" corrompu.

Le PTI a promis de longue date de bloquer la capitale le 2 novembre, comme il l'avait déjà fait en 2014 pendant quatre longs mois.

L'ancien champion de cricket haranguait ses partisans depuis sa résidence en banlieue d'Islamabad, dont il ne peut sortir. Elle est entourée depuis vendredi d'un cordon de police et sert depuis de point de ralliement à ses supporters.

La semaine passée, la justice avait interdit les manifestations à Islamabad pour deux mois. La Haute cour d'Islamabad a néanmoins partiellement levé cette interdiction lundi, estimant que l'opposition avait le droit de manifester, mais pas de perturber le quotidien des habitants.

La police a déployé d'importants renforts ces derniers jours. Nombre de routes, dont l'autoroute menant vers le Pendjab, au sud d'Islamabad, ont été coupées par les autorités à l'aide de conteneurs maritimes pour contrôler les accès de la capitale.

Au moins un millier de militants du PTI ont été arrêtés ces derniers jours, dont plus de 800 dans le Pendjab, selon l'exécutif de la province.

Le PTI, qui a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, exige une enquête sur les biens détenus à l'étranger par les enfants de M. Sharif via des holdings off-shore, dont l'existence a été révélée par les Panama Papers.

La Cour suprême doit se pencher mardi sur ces révélations pour décider d'ouvrir ou non une enquête.

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