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30/10/2016 23:53 EDT | Actualisé 31/10/2017 01:12 EDT

Géorgie: le parti au pouvoir remporte une victoire écrasante aux législatives

Le parti pro-occidental au pouvoir en Géorgie, Rêve géorgien, a largement remporté le second tour des élections législatives organisées dimanche, selon des résultats officiels rendus publics lundi mais contestés toutefois par l'opposition.

Le parti du miliardaire Bidzina Ivanichvili, qui détient les rênes du pouvoir depuis 2012, "a remporté 48 des 50 circonscriptions où avait lieu un second tour dimanche", a déclaré à l'AFP la porte-parole de la Commission électorale centrale, Ketevan Dangadze.

Les deux autres circonscriptions ont été remportées par deux candidats indépendants, a-t-elle ajouté. Le principal parti d'opposition, le Mouvement national uni (MNU) de l'ancien président en exil Mikheïl Saakachvili, n'a donc remporté aucun siège lors de ce deuxième tour.

Lors du premier tour de scrutin, organisé le 8 octobre, Rêve géorgien avait obtenu 48,68% des suffrages contre 27,11% pour le MNU, alors que les sondages les donnaient au coude à coude.

Pour la première fois dans l'histoire de cette ex-république soviétique, un petit parti pro-russe, Alliance des Patriotes, a par ailleurs franchi la barre des 5% des voix nécessaires pour entrer au Parlement à la proportionnelle.

A l'issue des deux tours de scrutin, Rêve géorgien comptera donc 115 députés, sur les 150 sièges que compte le Parlement géorgien. Le MNU aura 27 députés et l'Alliance des Patriotes six, les deux derniers sièges étant occupés par les candidats indépendants élus dimanche.

Cette large majorité permettra au parti Rêve géorgien de former un nouveau cabinet et d'adopter des amendements à la Constitution.

- Accusations de fraude -

Ces élections ont toutefois été marquées par des accusations de fraude électorale de la part de pratiquement tous les partis d'opposition.

"Les Géorgiens se sont vus nier leur droit à un choix électoral libre. Le niveau de violations des règles électorales, de pressions contre les électeurs ou d'achats de vote est effrayant", a ainsi dénoncé dimanche soir Giorgi Baramidze, l'un des dirigeants du MNU, dans une interview à l'AFP.

La Société internationale pour la démocratie et des élections libres, une ONG locale ayant déployé 700 observateurs à travers le pays, a pour sa part dénoncé plusieurs violations des règles électorales.

Ces accusations, qui avaient déjà marqué le premier tour, ont toutefois été rejetées par le parti au pouvoir et les autorités.

La Commission électorale centrale a ainsi assuré, lors d'une conférence de presse, que "les élections se sont déroulées dans une atmosphère calme et les électeurs ont pu s'exprimer librement".

Les élections législatives géorgiennes sont pourtant scrutées de près par les alliés occidentaux de la Géorgie. Ce pays du Caucase, qui ambitionne de rentrer dans l'Otan, est en effet l'un des rares bons exemples en matière de démocratie parmi les ex-républiques soviétiques.

Mais la campagne s'est tenue dans une ambiance délétère, marquée par des violences ayant fait plusieurs blessés. Quatre jours avant le premier tour, la voiture d'un candidat et député du MNU a ainsi explosé en pleine rue, faisant quatre blessés. Quelques jours avant, des assaillants non identifiés avaient tiré sur un député indépendant, Irakli Okrouachvili, blessant deux personnes.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Rêve géorgien, dont la victoire triomphale avait mis un terme à une décennie de domination du MNU de Mikheïl Saakachvili, plusieurs alliés de l'ancien président ont fait l'objet d'enquêtes et certains ont été emprisonnés sous des accusations de détournement de fonds.

M. Saakachvili lui-même, devenu gouverneur de la région ukrainienne d'Odessa et déchu de sa nationalité géorgienne, est recherché par la justice géorgienne pour "abus de pouvoir", des accusations qu'il dénonce comme politiquement motivées.

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