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31/10/2016 10:03 EDT | Actualisé 01/11/2017 01:12 EDT

Coderre « préoccupé » par l’espionnage de Lagacé

Le maire de Montréal Denis Coderre a prévenu le chef de la police de Montréal qu'il est « préoccupé » par le fait que le chroniqueur de La Presse Patrick Lagacé a été espionné par le SPVM. Il revient cependant à Québec de faire les vérifications qui s'imposent, dit-il.

Commentant l'affaire dans une conférence de presse lundi midi, M. Coderre a assuré qu'il n'a demandé aucun détail à Philippe Pichet, puisque cela n'est pas son rôle. Le maire de Montréal, dit-il, ne doit pas s'immiscer dans les opérations policières ou judiciaires.

« Je ne lui ai pas demandé de m'expliquer ce qui s'est passé. Il n'a pas à me dire ça de toute façon », a-t-il poursuivi. « Mais j'ai dit qu'en terme de principe, j'étais préoccupé par ce que je voyais et je voulais réitérer que, pour moi, la question de la liberté de presse était importante ».

« Il a pris bonne note. Il a réitéré que les choses peuvent s'être faites adéquatement », a-t-il ajouté, prudent. « Mais même un directeur de police ne s'immisce pas dans les enquêtes. S'il y a un enquêteur qui fait son travail, il doit y avoir un processus qu'il doit suivre. »

Chose certaine, le maire n'entend pas démettre le chef de police de ses fonctions, comme le réclame Projet Montréal. « On ne demandera pas la tête de personne aujourd'hui », a-t-il dit. « Je n'ai aucune raison de douter de M. Pichet : aucune », a insisté le maire.

M. Coderre n'a pu dire si le SPVM commentera l'affaire. M. Pichet « est en charge de ses propres opérations, » a-t-il souligné. « S'il a à parler, il parlera. »

Selon le maire, il revient aux ministères de la Justice et de la Sécurité publique de faire les vérifications qui s'imposent, le cas échéant. Il dit avoir lui-même parlé en matinée au ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, et que ce dernier répondra aux questions des médias en après-midi.

Appelant à la prudence, M. Coderre a fait valoir qu'il importait avant tout de bien comprendre ce qui s'est passé, tout en admettant que l'affaire soulève des questions légitimes. « Il y a plusieurs choses qui nous interpellent. Il y a la question du mandat, le nombre de mandats, comment ça a été fait? », a-t-il détaillé.

Le maire de Montréal a cependant assuré à plusieurs reprises qu'il est un « défenseur de la liberté de presse », et qu'il va « toujours [se] battre » pour s'assurer que cette valeur, « qui assure la démocratie », soit respectée.