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30/10/2016 09:44 EDT | Actualisé 31/10/2017 01:12 EDT

Yémen: le plan de paix de l'ONU offre un cadre de discussion, selon les rebelles

Les rebelles au Yémen ont estimé dimanche que le nouveau plan de paix de l'ONU offrait un cadre de discussion mais comportait "des déséquilibres de fond" qu'ils veulent évoquer avec le médiateur de l'ONU, attendu selon eux dans les prochains jours à Sanaa.

La feuille de route, proposée par l'émissaire des Nations unies Ismaïl Ould Cheikh Ahmed pour mettre fin à 19 mois de guerre au Yémen, "est une base pour de futures discussions qu'il va entamer (...) dans les prochains jours à Sanaa", écrit la délégation des négociateurs rebelles dans un communiqué.

La délégation a cependant ajouté que le document, dont elle a été saisie le 24 octobre, "comportait des déséquilibres de fond", citant notamment l'absence de référence à "un arrêt total de la guerre" et à "une levée du blocus" imposé aux territoires sous le contrôle des rebelles, selon le communiqué.

Le Yémen est déchiré par une guerre civile qui oppose les rebelles Houthis alliés aux partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh et les forces loyales au président actuel, Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenues par une coalition militaire arabe menée par l'Arabie saoudite.

Les détails du plan de paix de l'ONU n'ont pas été rendus publics, mais des sources proches du dossier ont indiqué qu'il prévoyait de nommer un nouveau vice-président après un retrait des rebelles de la capitale Sanaa et d'autres villes et la remise des armes lourdes à une tierce partie.

Le président Hadi transmettrait alors le pouvoir au vice-président qui nommerait un nouveau Premier ministre, chargé de former un gouvernement représentant équitablement le nord et le sud du Yémen. Les rebelles Houthis, originaires du nord, se plaignaient d'être marginalisés par les autorités centrales.

Samedi, le président Hadi a rejeté en bloc le plan de paix en refusant, lors d'un entretien avec le médiateur de l'ONU à Ryad, d'en prendre une copie, selon une source présidentielle.

"C'est une feuille de route injuste car elle constitue une dérogation explicite à la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l'ONU", a expliqué dimanche M. Hadi cité par l'agence de presse officielle Saba.

Le camp Hadi s'en tient à cette résolution, qui prévoit le retrait des rebelles des territoires conquis depuis 2014, dont la capitale Sanaa, et la restitution des armes lourdes et moyennes. En revanche, les Houthis exigent un arrêt des raids aériens que mène la coalition depuis son intervention au Yémen en mars 2015 et la formation d'un gouvernement d'union nationale en vue d'un règlement politique.

Le conflit, qui a généré une grave crise humanitaire, a fait près de 7.000 morts et déplacé au moins trois millions de Yéménites.

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