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30/10/2016 05:38 EDT | Actualisé 31/10/2017 01:12 EDT

Syrie: les rebelles poussent à Alep-Ouest, 38 civils tués

De violents combats faisaient rage dimanche à la périphérie ouest d'Alep au troisième jour d'une offensive des groupes rebelles qui cherchent à briser le siège imposé par le régime syrien, alors que 38 civils ont été tués par les tirs de roquettes de l'opposition.

Les rebelles ont par ailleurs été accusés dimanche d'avoir répandu du "gaz toxique", selon les médias officiels qui rapportent 35 cas de suffocation dans un quartier tenu par le gouvernement.

L'offensive, lancée vendredi par une coalition de rebelles islamistes et jihadistes, a pour but de mettre fin au siège imposé par le régime de Bachar al-Assad aux quartiers de l'opposition.

Le contrôle d'Alep --divisée en secteurs est tenus par les rebelles et quartiers ouest aux mains du régime-- est déterminant aux yeux des belligérants pour asseoir leur pouvoir dans le nord de la Syrie, ravagée depuis 2011 par une guerre civile qui a fait plus de 300.000 morts.

Les combats, rythmés par les frappes aériennes du régime et de son allié russe, se concentrent à la périphérie ouest d'Alep, attaquée par plus de 1.500 combattants venus des provinces d'Alep et d'Idleb (nord-ouest) sur un front de 15 kilomètres.

Depuis vendredi, "38 civils ont été tués et 250 blessés par les centaines de roquettes et d'obus tirés par les rebelles sur les quartiers ouest d'Alep", a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Par ailleurs, plus de 64 rebelles ont été tués dans les violences qui ont fait pas moins de 55 morts parmi les forces du régime et les combattants engagés à ses côtés, selon l'OSDH.

L'intensité des combats était telle qu'ils étaient entendus jusque dans les quartiers est de la ville, pourtant relativement éloignés de la ligne de front, a constaté un correspondant de l'AFP dans ce secteur et qui pouvait voir des colonnes de fumée s'élever au dessus de la ville.

- 'Gaz de chlore toxique' -

Selon l'OSDH, "les combats ont atteint leur paroxysme" à Dahiyet al-Assad, un quartier gouvernemental au sud-ouest d'Alep, où les rebelles avaient effectué une avancée vendredi s'emparant de la majorité du secteur, avant que les forces du régime ne les fassent partiellement reculer.

Les combattants cherchent à progresser vers le quartier voisin de Hamdaniyé, tenu par le gouvernement et situé en bordure des quartiers rebelles assiégés par le régime.

L'agence officielle Sana a d'ailleurs accusé les "groupes terroristes", terminologie du régime pour parler des rebelles, d'avoir "visé le quartier de Hamdaniyé avec du gaz toxique", évoquant "35 cas de suffocation" et des blessés souffrant de "spasmes musculaires" et de "dilatation de la pupille".

Le directeur de l'hôpital universitaire d'Alep, Ibrahim Hadid, interrogé par la télévision publique syrienne a accusé les "terroristes" d'avoir utilisé "du gaz de chlore toxique".

La prise de Hamdaniyé permettrait de briser le siège imposé aux quartiers rebelles en établissant un passage vers les territoires contrôlés par les insurgés, à l'extérieur d'Alep.

"Depuis Dahiyet al-Assad, on va avancer vers Hamdaniyé", a confirmé Yasser Al-Youssef, un responsable du groupe rebelle Noureddine Zinki.

Les quartiers est d'Alep, où vivent au moins 250.000 habitants, sont en état de siège depuis juillet, privés d'aide humanitaire et menacés de pénurie alimentaire, selon l'ONU.

Le régime syrien avait lancé le 22 septembre une offensive majeure pour reprendre ce secteur. Mais ses succès avaient été limités, malgré l'appui de l'aviation russe et des bombardements meurtriers qui ont fait plus de 500 morts selon l'ONU et entraîné la destruction d'infrastructures civiles, notamment des hôpitaux.

Une source militaire pro-régime a reconnu que l'offensive rebelle était "massive et coordonnée", tout en affirmant que les combattants n'avaient réussi aucune avancée à l'exception du quartier de Dahiyet al-Assad.

"Ils utilisent des roquettes GRAD et des voitures piégées, et sont soutenus par des combattants étrangers", a-t-il précisé.

L'offensive est menée par Jaich al-Fatah, une coalition réunissant des groupes rebelles islamistes comme Ahrar al-Sham, mais aussi des jihadistes du front Fateh al-Cham, ex-Front al-Nosra (Al-Qaïda en Syrie).

En réaction à l'offensive rebelle, l'armée russe avait annoncé vouloir reprendre ses raids aériens, mais le président russe Vladimir Poutine a estimé vendredi que ce n'était "pas opportun".

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