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30/10/2016 07:10 EDT | Actualisé 31/10/2017 01:12 EDT

Plus d'une centaine de militants de l'opposition arrêtés au Pakistan

Plus d'une centaine de partisans du dirigeant d'opposition Imran Khan ont été arrêtés par la police dimanche à Islamabad alors qu'ils avaient gagné la capitale pakistanaise à quelques jours d'une grande manifestation interdite, a rapporté le ministre de l'Intérieur.

Le PTI de M. Khan, un parti populiste, menace de paralyser Islamabad lors de sa mobilisation de masse de mercredi, comme il l'avait fait quatre mois durant en 2014.

Le parti, qui a fait de la corruption son cheval de bataille, réclame que le Premier ministre Nawaz Sharif s'explique sur les biens détenus par sa famille via des holdings off-shore dont l'existence a été révélée par les Panama Leaks.

La Haute Cour d'Islamabad a interdit jeudi tout rassemblement dans la ville pendant les deux mois à venir. Le sit-in du 2 novembre, annoncé de longue date par le PTI, tombe particulièrement mal pour M. Sharif, la Cour suprême devant commencer lundi ses audiences sur les révélations des Panama Papers.

"Quelque 450 personnes sont entrées dans Islamabad aujourd'hui", a déclaré dimanche le ministre de l'Intérieur Chaudhry Nisar Ali Khan lors d'une conférence de presse.

"La police les a interceptées mais la plupart se sont enfuies, beaucoup en abandonnant leur voiture. La police a arrêté plus d'une centaine" de gens, a-t-il dit.

Sept kalashnikovs, 21 chargeurs de fusils, des gaz lacrymogènes et sept gilets pare-balles ont été saisis, a ajouté le ministre qui a accusé le PTI de vouloir occuper dans Islamabad le Secrétariat du Pakistan, un complexe abritant des ministères.

"Ils veulent occuper le Secrétariat du Pakistan et projettent d'en interdire l'accès aux fonctionnaires", a-t-il dit.

Selon le ministre de l'Intérieur, quelque 1.200 militants du PTI venant de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan, ont tenté samedi soir de gagner en convoi Islamabad. Stoppés par la police, ils ont frappé des policiers mais ont dû battre en retraite avec l'arrivée de renforts.

"Le blocus de la capitale n'est pas un crime contre le gouvernement, c'est un crime contre l'Etat" a-t-il ajouté. Nous sommes une puissance nucléaire et quelle impression ferions nous sur le monde si la capitale est envahie par une foule venue la bloquer", a-t-il demandé.

Imran Khan a nié que ses partisans aient été armés.

Sa résidence a été isolée par un cordon de police et des gaz lacrymogènes ont été tirés dimanche lors de heurts avec certains de ses partisans, a rapporté un photographe de l'AFP.

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