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30/10/2016 09:06 EDT | Actualisé 31/10/2017 01:12 EDT

Moldavie : une première élection présidentielle en 20 ans

Les Moldaves commencent à voter dimanche pour la première élection présidentielle depuis 1997. Cette élection oppose les partisans d'un rapprochement avec la Russie aux défenseurs d'une plus grande intégration à l'Union européenne (UE).

Au total, neuf candidats sont dans la course. Le favori pour remporter le premier tour, Igor Dodon, est le leader du Parti des socialistes. Cet ex-ministre de l'Économie, dans l'ancien gouvernement communiste, promet de « rétablir un partenariat avec la Russie » et d'œuvrer pour « annuler le volet économique de l'association avec l'UE ».

Sa principale adversaire est Maia Sandu, qui a fondé son propre parti politique, Action et Solidarité, en mai dernier. Candidate de l'opposition de centre droit, cette économiste a été ministre de l'Éducation de 2012 à 2015. Avant de se lancer en politique, elle a aussi travaillé pour la Banque mondiale. Elle promet une « Moldavie européenne ».

Trois millions et demi de Moldaves sont appelés à se prononcer. Les bureaux de vote sont ouverts depuis 7 h et fermeront à 21 h. À 16 h GMT, 45 % des électeurs avaient déjà voté.

Igor Dodon est crédité de 40 % des voix, alors que Maia Sandu en obtiendrait 25 %, selon les chiffres de la Commission électorale centrale.

Redorer le blason du gouvernement

Les candidats promettent avant tout de lutter contre la corruption. Maia Sandu, seule candidate active sur les réseaux sociaux, utilise ces plateformes pour promouvoir sa campagne électorale.

« Je m'engage à vaincre la pauvreté, la corruption et l'oligarchie », a-t-elle écrit sur Facebook vendredi.

La Moldavie, ancienne république soviétique enclavée entre la Roumanie et l'Ukraine, est l'un des plus pauvres pays européens. Selon la Banque mondiale, 41 % de la population vit avec moins de cinq dollars par jour.

En 2015, un milliard de dollars, soit 15 % du PIB, ont disparu des caisses de trois banques moldaves, provoquant d'énormes manifestations, autant des côtés pro-européens que prorusses.

Trois gouvernements se sont succédé depuis cette crise économique, mais aucun n'a réussi à calmer l'exaspération des Moldaves, qui jugent leur gouvernement trop corrompu.

D'après le chef de mission de l'UE en Moldavie, Pirkka Tapiola, la crise économique a non seulement secoué le pays, mais elle a également affaibli « la crédibilité de l'UE et le soutien à une voie européenne » au sein de l'opinion publique.

Un fort héritage communiste

Après la chute de l'Union des républiques socialistes soviétiques en 1991, dont la Moldavie faisait partie, le pays s'est retrouvé sous l'autorité du Parti agrarien de Moldavie, un parti pro-européen et majoritairement libéral.

Depuis l'essor du Parti communiste prorusse en 1997 et son arrivée au pouvoir en 1998, le gouvernement moldave fonctionne par scrutin parlementaire, c'est-à-dire que le président est élu par les députés.

Un référendum a eu lieu en 2010 pour déterminer si le dirigeant du pays devrait être élu au suffrage universel. Le parti communiste a incité le public de boycotter le plébiscite, et le taux de participation n'a pas franchi les 33,3 % pour être valide. Les communistes ont remporté les élections législatives la même année.

Lors des élections en législatives en 2014, les partis pro-européens se sont unis pour fonder l'Alliance pour l'intégration européenne, qui a remporté la majorité absolue et écrasé le Parti communiste.

La crise économique en 2015 a toutefois entraîné la formation de trois autres gouvernements avant que la Cour constitutionnelle n'impose des élections universelles cette année.