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30/10/2016 11:58 EDT | Actualisé 31/10/2017 01:12 EDT

Moldavie: faible participation au premier tour de l'élection présidentielle

Les Moldaves se sont peu mobilisés dimanche pour la première élection présidentielle au suffrage universel depuis 1997, opposant les partisans d'un rapprochement avec la Russie et les défenseurs d'une intégration à l'Union européenne.

Dans cette ancienne république soviétique de 3,5 millions d'habitants coincée entre la Roumanie et l'Ukraine, ébranlée par une profonde crise politique après la découverte l'an passé d'une gigantesque fraude bancaire, seuls 48,95% des électeurs se sont rendus aux urnes pour le premier tour, selon les chiffres donnés par la Commission électorale centrale à la fermeture des bureaux de vote à 21H00 (19H00 GMT).

Les premiers résultats étaient attendus à 23H00 (21H00 GMT) mais la candidate pro-européenne Maia Sandu, donnée deuxième par les sondages, s'est dite persuadée de la tenue d'un second tour, alors que son concurrent pro-russe Igor Dodon espérait l'emporter dès le premier tour.

"Je veux remercier mes partisans et tous ceux qui sont venus voter. Les petits moyens ont donné une grande campagne et nous avons fait quelque chose de grand. Rendez-vous au second tour", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse tout de suite après la fermeture des bureaux de vote.

C'est la première fois depuis 1997 que le chef de l'Etat moldave est élu au suffrage universel, en application d'une décision de la Cour constitutionnelle prise en mars. L'élection met aux prises les forces pro-européennes au pouvoir et l'opposition prorusse menée par le dirigeant du Parti des socialistes (PS), Igor Dodon.

Ancien ministre de l'Economie dans un gouvernement dirigé par des communistes, cet homme de 41 ans promet de "rétablir un partenariat stratégique avec la Russie" et d'oeuvrer pour "annuler le volet économique de l'accord d'association avec l'UE", signé en 2014 par les autorités pro-européennes.

"Je ne suis pas contre l'UE", a nuancé Igor Dodon dans une interview à l'AFP, estimant que c'était "dans l'intérêt de la Moldavie" de mettre en oeuvre les réformes exigées par Bruxelles, notamment en ce qui concerne la justice.

"On ne peut pas faire sans la Russie, c'est notre marché à l'exportation", fait valoir Igor Lopukhov, 66 ans, qui a voté pour Igor Dodon.

Maia Sandu, candidate de l'opposition de centre droit promettant une "Moldavie européenne", est la principale concurrente de ce dernier. "Nous prônons la voie de l'intégration européenne car au sein de l'UE, nous voyons une vraie démocratie et la prospérité pour tous ceux qui y travaillent", a déclaré à l'AFP cette ex-ministre de l'Education, qui a travaillé pour la Banque mondiale .

- 'Tourner une page' -

"Il nous faut construire l'Europe à la maison", abondait Ion Lupusor, jeune électeur de 27 ans, qui venait de rentrer d'Europe où il a fait des études. "Si nous ne votons pas, les retraités décideront du développement du pays et ils sont pour un retour de l'Union soviétique", a-t-il ajouté.

"Je suis sûr que la Moldavie va tourner une page de son histoire aujourd'hui", a déclaré Igor Dodon en déposant son bulletin dans l'urne.

Maia Sandu, qui a créé cette année son parti politique Action et Solidarité, a pour sa part appelé à "apporter de l'ordre à la Moldavie".

"Nous ne devons pas avoir peur. Nous devons prouver aux voleurs et aux corrompus que nous sommes plus nombreux", a-t-elle ajouté dimanche.

La Moldavie est l'un des pays les plus pauvres d'Europe, 41% de sa population vivant avec cinq dollars par jour, selon la Banque mondiale.

En 2015, la découverte de la disparition d'un milliard de dollars des caisses de trois banques du pays, soit l'équivalent de 15% du produit intérieur brut (PIB), avait provoqué d'énormes manifestations réunissant aussi bien pro-européens que prorusses, issus de forces de droite comme de gauche.

Depuis, trois gouvernements se sont succédé sans calmer la colère des Moldaves, qui jugent leur classe politique largement corrompue.

La commission électorale a assuré que le bon déroulement du vote serait surveillée de près, quelque 3.200 observateurs moldaves et 562 étrangers étant déployés dans environ 2.000 bureaux de vote dans le pays.

ag-tbm/fjb