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29/10/2016 21:45 EDT | Actualisé 30/10/2017 01:12 EDT

Le "nuage" des Fuksas apporte une touche contemporaine au paysage romain

Rome a inauguré samedi soir son plus grand nouveau bâtiment depuis un demi-siècle, un palais des congrès controversé et longtemps retardé mais avec lequel la Ville éternelle espère attirer un nouveau public.

Maintenant qu'il est enfin terminé, le bâtiment imaginé par le couple d'architectes italiens Massimiliano et Doriana Fuksas -- un énorme cube de verre et d'acier emprisonnant une vaste structure fluide -- ambitionne de rejoindre le Colisée ou le Panthéon parmi les joyaux architecturaux romains.

Les Italiens l'ont surnommé le "Nuage" mais la structure blanche recouverte de fibre de verre dans les étages inférieurs du bâtiment fait aussi penser à un rein ou, aperçu de l'extérieur au crépuscule, à l'image par échographie d'un enfant à naître.

Financé en grande partie par des fonds publics, le nouveau centre construit sur trois niveaux pourra accueillir jusqu'à 12.000 congressistes.

Il vient ainsi combler un vide dans les infrastructures susceptibles d'accueillir congrès ou conventions dans la capitale italienne et pourrait raviver l'EUR, quartier d'affaires encore sous-développé créé par Benito Mussolini dans les années 1930 dans le sud de la capitale.

A 72 ans, Massimiliano Fuksas, a déjà réalisé le nouveau terminal de l'aéroport de Shanghaï en Chine, le quartier-général ultra-moderne de Ferrari dans le nord de l'Italie et les boutiques Armani sur la 5ème Avenue à New York et à Tokyo.

Le "Nuage" aura été son projet le plus pénible: "Nous avons commencé à y penser en 1995. J'ai vu passer tellement de maires sur ce projet que je ne me rappelle même plus tous leurs noms (...). Mais nous n'avons rien changé. Si vous regardez les premiers croquis, c'est à ça que cela ressemblait", a-t-il expliqué cette semaine en conférence de presse.

Problèmes financiers récurrents, polémiques sur le montant de ses honoraires, rumeurs des erreurs fondamentales dans les croquis initiaux... Mais Fuksas l'assure, l'idée qu'il aurait oublié de mettre des toilettes au début n'est qu'une légende urbaine.

- Deux fois plus que les touristes -

En revanche, il a clairement perdu confiance dans la capacité des autorités romaines à gérer son chef-d'oeuvre. "Je préfèrerais qu'ils le donnent aux Allemands, eux le feraient fonctionner. Les Romains, non !", a-t-il lancé.

Le couple Fuksas a remporté en 2000 l'appel d'offres pour le nouveau centre des congrès, mais la construction n'a débuté qu'en 2007 et a été régulièrement interrompue à cause d'une combinaison de soucis administratifs et financiers. Elle a finalement pu être achevée grâce à la vente de quatre bâtiments publics de l'ère Mussolini à l'EUR.

Mais son coût total est très discuté. Fuksas assure qu'il s'établit à 239 millions d'euros (260 millions de dollars), en-dessous des 275 millions de l'appel d'offres.

Enrico Pazzali, qui dirige EUR spa, groupe public à l'orgine de ce projet, affirme en revanche qu'il est monté à 353 millions d'euros (390 millions de dollars), tout en se disant confiant que le "Nuage" prouvera avec le temps que l'argent des contribuables a été utilisé à bon escient.

Ancien patron du renommé parc des expositions de Milan, il est certain que Rome, toute endettée et encombrée qu'elle soit, saura faire une place aux congressistes en plus de la masse des touristes.

"Nos études montrent que ceux qui viennent pour une convention génèrent au moins deux fois plus de revenus que les touristes", a-t-il expliqué à l'AFP. "Nous avons les hôtels et le Nuage a le grand avantage d'être près de l'aéroport et sur une ligne de métro".

"Le bénéfice économique pour la ville et ses environs pourrait être de 250 à 350 millions d'euros par an", assure-t-il.

Plus grand projet architectural mené à bien à Rome depuis les jeux Olympiques de 1960, le "Nuage" vient aussi enrichir l'offre d'architecture contemporaine de la Ville éternelle, avec l'auditorium de Renzo Piano, le musée MAXXi de Zaha Hadid et le musée Richard Meier construit autour de l'Autel de la paix (Ara Pacis) de l'empereur Auguste.

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