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30/10/2016 04:14 EDT | Actualisé 31/10/2017 01:12 EDT

Le Conseil de l'Europe et l'Autriche mettent en garde la Turquie contre le rétablissement de la peine de mort

Le Conseil de l'Europe a à nouveau mis en garde dimanche la Turquie contre le rétablissement de la peine de mort, rappelant qu'elle n'était pas compatible avec l'appartenance à l'organisation paneuropéenne.

Le ministre autrichien des Affaires étrangères Sebastian Kurz a également prévenu la Turquie qu'une telle initiative "claquerait la porte au nez de l'Union Européenne".

"Appliquer la peine de mort est incompatible avec l'appartenance au Conseil de l'Europe" a rappelé sur Twitter le porte-parole du Conseil de l'Europe, alors que le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé samedi que le rétablissement de la peine capitale serait soumis au Parlement.

Le chef de la diplomatie autrichienne a pour sa part estimé que "la peine de mort est une forme de punition cruelle et inhumaine qui a été abolie à travers le monde et est en contradiction avec les valeurs européennes".

"Ceux qui introduisent la peine de mort claqueront la porte au nez de l'UE", a ajouté le ministre, cité par l'Agence de presse autrichienne.

Les relations entre Ankara et Vienne se sont tendues l'été dernier, l'Autriche ayant suggéré que l'UE suspende les négociations d'adhésion de la Turquie en raison de l'ampleur des purges décrétées par le président Recep Tayyip Erdogan depuis le putsch avorté du 15 juillet.

La peine de mort avait été abolie en 2004 dans le cadre de la candidature d'Ankara à l'entrée dans l'UE. Son rétablissement est évoqué depuis la tentative avortée de coup d'Etat.

"Bientôt, bientôt, ne vous en faites pas. C'est pour bientôt, si Dieu le veut", avait déclaré samedi M. Erdogan à Ankara, en réponse à la foule qui scandait "nous voulons la peine de mort" pour les auteurs du coup d'Etat manqué de juillet dernier.

"Notre gouvernement soumettra cela au Parlement. Et je suis convaincu que le Parlement l'approuvera et, quand cela arrivera devant moi, je le ratifierai", a poursuivi le chef de l'Etat turc, sans avancer de calendrier.

Le Conseil de l'Europe, qui compte 47 membres dont la Turquie, avait déjà mis en garde Ankara contre la tentation de rétablir la peine de mort.

"Les responsables politiques devraient défendre la Convention européenne des droits de l'Homme, qui exclut clairement la peine de mort" et que la Turquie a ratifiée, avait déclaré au mois d'août le secrétaire général de l'organisation, Thorbjørn Jagland.

Organisation paneuropéenne distincte de l'UE, le Conseil de l'Europe ne tolère en son sein que des pays qui ont aboli la peine capitale ou observent -comme c'est le cas en Russie- un moratoire.

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