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30/10/2016 06:08 EDT | Actualisé 31/10/2017 01:12 EDT

L'accord de libre-échange Canada-Union européenne a été signé à Bruxelles

BRUXELLES — Après sept années de négociations, le Canada et l'Union européenne (UE) ont officiellement signé dimanche une entente de libre-échange, l'Accord économique et commercial global (AÉCG).

A l'issue d'un court sommet, à Bruxelles, le premier ministre Justin Trudeau et les autorités européennes, dont le président du Conseil européen Donald Tusk et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, ont paraphé ce pacte commercial.

L'accord concerne plus de 500 millions d'Européens et 35 millions de Canadiens.

Les 28 États membres devront l'entériner.

M. Juncker a souligné l'importance de cette journée où des standards internationaux ont été établis.

«L'Union européenne est notre deuxième partenaire commercial, mais les liens qui nous unissent vont bien au-delà de la coopération économique», a pour sa part dit M. Trudeau après avoir signé l'AÉCG.

Justin Trudeau devait, au départ, ratifier l'entente jeudi, mais a dû reporter sa visite à Bruxelles puisque la Wallonie— région francophone de Belgique— refusait d'appuyer l'accord jusqu'à vendredi.

Les politiciens de la Wallonie craignaient que l'accord, tel que proposé au départ, contrevienne aux normes du travail, environnementales et de consommation.

«Cet accord est le produit de longues discussions franches, mais qui se sont toujours déroulées dans le respect entre partenaires qui partagent des valeurs communes», a souligné le premier ministre canadien.

Plus de 200 manifestants s'étaient rassemblés près des quartiers généraux de l'UE, tentant de bloquer l'entrée principale. Certains d'entre eux avaient même réussi à entrer dans le hall. Les policiers ont demandé à 16 personnes de quitter les lieux, mais n'ont pas mis fin à la manifestation, a indiqué une porte-parole, Ilse Van de Keere.

Une délégation accompagnait M. Trudeau pour cet événement historique, dont le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, de même que les négociateurs et anciens premiers ministres québécois Jean Charest et Pierre-Marc Johnson.

M. Couillard a rappelé que le Québec avait été l'initiateur de cet accord. Le gouvernement québécois estime que cette entente de libre-échange se traduira par la création de 16 000 emplois et l'injection de 2,3 milliards $ dans l'économie québécoise.

La ministre québécoise des Relations internationales, Christine St-Pierre, s'était empressée d'ajouter que toutes les parties impliquées en bénéficieront, dont la Wallonie.

Vendredi, le parlement wallon a finalement accepté de lever son opposition, alors que cinquante-huit parlementaires votaient pour l'entente, tandis que cinq autres votaient contre.

Peu de temps après que l'avion devant le mener en Belgique eut décollé, Justin Trudeau avait dû se résigner à faire demi-tour pour cause de problèmes mécaniques. «Quelle patience!», s'est exclamé Jean-Claude Juncker en accueillant le premier ministre canadien finalement arrivé à destination, aux édifices de l'UE.