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30/10/2016 12:08 EDT | Actualisé 31/10/2017 01:12 EDT

Géorgie: le parti au pouvoir largement favori du second tour des législatives

Les Géorgiens votaient dimanche pour le second tour des législatives, qui devraient voir le parti pro-occidental au pouvoir, Rêve géorgien, remporter une large majorité des sièges en dépit des accusations de fraude de ses adversaires.

Les bureaux de vote ont fermé à 20H00 (16H00 GMT), et le taux de participation a été de 37,5%, selon la Commission électorale centrale. Les premiers résultats ne sont pas attendus avant lundi matin.

Deux partis pro-occidentaux concurrents, Rêve géorgien du milliardaire Bidzina Ivanichvili et le Mouvement national unifié (MNU) de l'ancien président en exil Mikheïl Saakachvili, vont se partager la quasi-totalité des 150 sièges.

Mais alors que les sondages les donnaient au coude à coude au premier tour, Rêve géorgien avait finalement obtenu 48,68% des suffrages et devancé nettement le MNU, qui avait recueilli 27,11% des voix.

Pour la première fois dans l'histoire de cette ex-république soviétique, un petit parti pro-russe, Alliance des Patriotes, a par ailleurs franchi la barre des 5% des voix nécessaires pour entrer au Parlement.

D'après les résultats du premier tour, Rêve géorgien est assuré d'obtenir 67 sièges au Parlement, le MNU 27 et l'Alliance des Patriotes six.

Cinquante sièges sont encore à attribuer, Rêve géorgien étant assurer d'en obtenir la quasi-totalité. Le parti au pouvoir comptera ainsi plus de 113 députés, le nombre nécessaire pour former un nouveau gouvernement et passer des amendements constitutionnels.

- Violations électorales -

"Les élections se sont déroulées dans une atmosphère calme et les électeurs ont pu s'exprimer librement", a indiqué la Commission électorale centrale lors d'une conférence de presse, mais la Société internationale pour la démocratie et des élections libres, une ONG locale ayant déployé 700 observateurs, a dénoncé plusieurs violations des règles électorales.

"Les Géorgiens se sont vus nier leur droit à un choix électoral libre. Le niveau de violations des règles électorales, de pressions contre les électeurs ou d'achats de vote est effrayant", a pour sa part déclaré à l'AFP Giorgi Baramidze, l'un des dirigeants du MNU.

Ces accusations, qui avaient déjà marqué le premier tour, interviennent alors que les alliés occidentaux de la Géorgie surveillent attentivement la tenue de ces élections. Ce pays du Caucase, qui ambitionne de rentrer dans l'Otan, est en effet l'un des rares bons exemples en matière de démocratie parmi les ex-républiques soviétiques.

A l'issue du premier tour, il y a trois semaines, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) avait salué des législatives "concurrentielles, bien organisées et (aux) libertés fondamentales respectées" malgré "des accusations de mauvaise concurrence et des incidents violents".

Rêve géorgien était arrivé au pouvoir en octobre 2012, mettant fin à une décennie de domination du MNU de Mikheïl Saakachvili. Depuis, la popularité de ce parti s'est fortement effritée, sur fond de dépréciation de la monnaie géorgienne à la suite de la récession en Russie.

Dans un contexte tendu, la campagne a été marquée par un attentat contre un député et candidat du MNU, dont la voiture a explosé quatre jours avant le premier tour, blessant quatre passants. Quelques jours avant, des assaillants inconnus avaient tiré sur un député indépendant, Irakli Okrouachvili, blessant deux personnes.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Rêve géorgien, plusieurs alliés de Mikheïl Saakachvili ont par ailleurs fait l'objet d'enquêtes et certains ont été emprisonnés sous des accusations de détournement de fonds, entre autres.

M. Saakachvili lui-même, devenu gouverneur de la région ukrainienne d'Odessa et déchu de sa nationalité géorgienne, est recherché par la justice géorgienne pour "abus de pouvoir", des accusations qu'il dénonce comme politiquement motivées.

Son rival Bidzina Ivanichvili, l'homme le plus riche de Géorgie, a quitté volontairement son poste de Premier ministre en 2013, mais l'opposition l'accuse de continuer à tirer les ficelles du pouvoir.

im-tbm/glr