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30/10/2016 08:29 EDT | Actualisé 31/10/2017 01:12 EDT

Géorgie: le parti au pouvoir favori du second tour des élections législatives

Les Géorgiens votent dimanche pour le second tour d'élections législatives dominées par deux partis rivaux pro-occidentaux, le parti au pouvoir Rêve géorgien ayant remporté le premier tour malgré des accusations de fraude de ses adversaires.

Alors que les sondages les donnaient quasiment au coude à coude au premier tour, le parti Rêve géorgien du milliardaire Bidzina Ivanichvili avait remporté le 9 octobre 48,68% des suffrages, devançant nettement le Mouvement national unifié (MNU) de l'ancien président géorgien en exil Mikheïl Saakachvili, recueillant 27,11% des voix.

Ces deux partis rivaux vont ainsi se partager la majorité des 76 sièges sur 150 répartis à la proportionnelle.

Pour la première fois dans l'histoire de cette ex-république soviétique, un petit parti pro-russe, Alliance des Patriotes, a par ailleurs franchi la barre des 5% des voix nécessaires pour entrer au Parlement à la proportionnelle.

D'après les résultats du premier tour, Rêve géorgien est assuré d'obtenir 67 sièges au Parlement, le MNU 27 et l'Alliance des Patriotes six.

Cinquante sièges sont encore à attribuer, Rêve géorgien étant assurer d'en obtenir la quasi-totalité. Le parti au pouvoir comptera ainsi plus de 113 députés, le nombre nécessaire pour former un nouveau gouvernement et passer des amendements constitutionnels.

A 13H00 GMT, le taux de participation était de 31% selon la Commission électorale centrale.

- Violations électorales -

Les alliés occidentaux de la Géorgie, qui ambitionne de rentrer dans l'Otan, surveilleront attentivement la tenue de ces élections alors que ce pays du Caucase est l'un des rares bons exemples en matière de démocratie parmi les ex-républiques soviétiques.

En octobre 2012, la victoire écrasante de Rêve géorgien aux législatives précédentes avait mis fin à une décennie de domination du MNU de Mikheïl Saakachvili, arrivé au pouvoir à l'issue de la Révolution des Roses en 2004.

Depuis, la popularité de ce parti s'est fortement effritée, sur fond de dépréciation de la monnaie géorgienne à la suite de la récession en Russie, important partenaire commercial de Tbilissi.

A l'issue du premier tour il y a trois semaines, le Premier ministre géorgien Guiorgui Kvirikachvili s'était félicité d'"élections libres et honnêtes qui scellent fermement la démocratie géorgienne" mais pratiquement tous les partis d'opposition ont crié à la fraude, le MNU accusant le gouvernement d'"avoir volé les élections".

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a pour sa part salué des élections législatives "concurrentielles, bien organisées et (aux) libertés fondamentales respectées" malgré "des accusations de mauvaise concurrence et des incidents violents".

Le vote de ce dimanche, qui prendra fin à 16H00 GMT, est surveillé par des observateurs internationaux de l'OSCE, du Parlement européen et de l'Otan.

Dans un contexte tendu, la campagne a été marquée par un attentat contre un député et candidat du MNU, dont la voiture a explosé quatre jours avant le premier tour, blessant quatre passants.

Quelques jours avant, des assaillants inconnus avaient tiré sur un député indépendant, Irakli Okrouachvili, blessant deux personnes.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Rêve géorgien en 2012, plusieurs alliés de Mikheïl Saakachvili ont par ailleurs fait l'objet d'enquêtes et certains ont été emprisonnés sous des accusations de détournement de fonds, entre autres.

M. Saakachvili lui-même, devenu gouverneur de la région ukrainienne d'Odessa et déchu de sa nationalité géorgienne, est recherché par la justice géorgienne pour "abus de pouvoir", des accusations qu'il dénonce comme politiquement motivées.

Son rival Bidzina Ivanichvili, l'homme le plus riche de Géorgie, a quitté volontairement son poste de Premier ministre en 2013, mais l'opposition l'accuse de continuer à tirer les ficelles du pouvoir.

im-tbm/abk