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30/10/2016 13:02 EDT | Actualisé 31/10/2017 01:12 EDT

Est-ce déraisonnable de croire que Shea Weber puisse marquer 30 buts?

BILLET - En le regardant inscrire son quatrième filet de la saison (et son troisième but gagnant) samedi soir face aux Maple Leafs de Toronto, une drôle de question a surgi : qu'est-ce que Shea Weber peut bien avoir à envier à Sheldon Souray?

Un texte de Martin Leclerc

Euh? Rien. Absolument rien. Comparer Shea Weber à Sheldon Souray, c'est un peu comme comparer Jonathan Toews avec Michael Ryder.

Les deux n'ont pas vraiment leur place dans la même phrase.

En fait, le seul lien qu'on puisse faire entre Weber et Souray trouve sa source dans le palmarès des meilleurs buteurs de l'histoire du CH à la ligne bleue.

Chez le Canadien, le record du plus grand nombre de buts inscrits par un défenseur en une saison appartient à Guy Lapointe, qui avait secoué les cordages 28 fois en 1974-1975.

Cette saison-là, le Canadien avait dominé la LNH en inscrivant pas moins de 374 filets.

Il y a dix ans, Sheldon Souray avait toutefois sérieusement menacé la marque de Lapointe en récoltant 26 buts, dont 19 en avantage numérique.

Mais il avait bouclé la saison 2006-2007 avec un bilan défensif de -28, et le Tricolore avait alors raté les séries éliminatoires.

En 107 ans d'histoire, le Canadien n'a donc jamais vu l'un de ses défenseurs atteindre le plateau des 30 buts en une saison.

Mais à voir aller Weber depuis son arrivée avec l'équipe, il est légitime de se demander si « l'homme montagne » ne pourrait pas sérieusement flirter avec cet incroyable exploit.

À ceux qui ne sont pas d'accord, je repose la question : qu'est-ce que Shea Weber peut bien avoir à envier à Sheldon Souray?

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Maintenant qu'ils ont la chance de le voir jouer régulièrement, bien des partisans du CH découvrent à quel point Weber constitue une forte et constante menace à l'attaque.

Depuis le début des années 2000, seulement 13 défenseurs de la LNH sont parvenus à inscrire au moins 20 buts en une saison.

Et de ce groupe sélect, seulement deux ont été capables d'atteindre cette marque plus de deux fois : Brian Leach (5 saisons) et Shea Weber (3 saisons).

Parmi tous les arrières de sa génération (ceux qui ont débuté leur carrière dans les années 2000), Weber est celui qui présente la moyenne de buts par match la plus élevée (0,22).

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Weber avouait samedi soir que l'intensité et la passion des amateurs montréalais « surpasse un peu » ce qu'il avait imaginé durant l'été. Mais cet environnement, très différent de Nashville, semble néanmoins le stimuler au plus haut point.

Lorsqu'on décortique son jeu soir après soir, on comprend pourquoi Weber a connu autant de succès offensif depuis son arrivée dans la LNH.

Et ce, même s'il portait les couleurs d'une équipe qui n'a jamais vraiment été reconnue pour la qualité de son attaque.

D'abord, la considérable force de son tir frappé lui permet de tromper la vigilance des gardiens de partout en zone offensive.

En avantage numérique, notamment, Weber n'a pas forcément besoin de s'approcher des cercles de mise au jeu pour décocher son boulet de canon. Cela le rend beaucoup plus difficile à couvrir.

Ensuite, Weber lit bien les défenses adverses. Il change souvent de position pour dénicher de nouvelles lignes de tir.

Samedi, en troisième période face aux Leafs, le défenseur format géant du CH a tenté un tir sur réception à partir du flanc droit. Constatant que la formation de désavantage numérique torontoise négligeait le centre de la patinoire, il s'est installé à cet endroit dès la séquence suivante.

Et c'est en tirant dans ce corridor libre qu'il a inscrit son but gagnant.

Enfin, si on le couvre de trop près, le nouveau défenseur du CH n'hésite pas à ranger son tir frappé au placard et à se contenter d'atteindre le filet à l'aide de son tir des poignets.

Et quand sa ligne de tir est bloquée, il repère vite ses coéquipiers postés aux abords du filet adverse, ce qui est une qualité très recherchée.

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Neuf matchs ne font pas une saison. Mais on en a déjà suffisamment vu pour pouvoir confirmer que le Canadien possédera l'une des meilleures attaques de la LNH, et que son unité d'avantage numérique sera nettement plus menaçante cette saison.

À Montréal, Weber est désormais entouré d'excellents passeurs comme Andrei Markov et Alexander Radulov.

Et il est constamment flanqué de quelques marqueurs de 25 ou 30 buts quand le CH est en avantage numérique, ce qui oblige les défenses adverses à ne pas se concentrer uniquement sur lui.

Son ratio de quatre buts en neuf matchs est sans doute trop élevé pour être soutenu sur une longue période.

Mais compte tenu de ses formidables antécédents, est-ce vraiment déraisonnable de croire qu'il pourrait faire mieux que les 26 filets inscrits par Sheldon Souray il y a dix ans?

Bien sûr que non.