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30/10/2016 04:06 EDT | Actualisé 31/10/2017 01:12 EDT

Bahreïn: le principal groupe d'opposition se pourvoit en cassation contre sa dissolution

Al-Wefaq, principal mouvement de l'opposition chiite à Bahreïn, s'est pourvu en cassation contre sa dissolution sous l'accusation de "favoriser le terrorisme", une mesure qui avait été vivement critiquée dans le monde, a-t-on indiqué dimanche de source judiciaire.

"Al-Wefaq a introduit un recours devant la Cour de cassation" contre sa dissolution et la saisie de ses locaux et de ses biens, a déclaré la source sous le couvert de l'anonymat, sans donner de détails.

La décision de dissoudre le mouvement, accusé de fomenter des troubles, avait été prononcée en première instance le 17 juillet, un mois après la suspension des activités d'Al-Wefaq sur ordre de la justice. Elle a été ensuite confirmée en appel le 22 septembre.

La justice a en outre prononcé la saisie des fonds, des locaux et des biens d'Al-Wefaq.

Une vente aux enchères des actifs du mouvement, annoncée initialement pour le 26 octobre, a été reportée au 6 novembre, selon une autre source judiciaire.

L'annonce de la dissolution du mouvement en juillet avait entraîné de vives critiques du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, ainsi que de Washington, Londres et Téhéran.

Al-Wefaq est notamment accusé de "favoriser le terrorisme" et d'incitation à la violence dans un royaume à majorité chiite mais dirigé par une dynastie sunnite.

Son chef, cheikh Ali Salmane, purge depuis fin 2014 une peine de neuf ans de prison pour complot contre le régime et incitation à la désobéissance.

Mais le 17 octobre, la Cour de cassation a annulé sa condamnation et ordonné à la Cour d'appel de reprendre l'examen de l'affaire. La première audience de la Cour d'appel a été fixée au 6 novembre, selon une source judiciaire.

Al-Wefaq anime un mouvement de protestation de la majorité chiite contre le pouvoir sunnite et réclame une véritable monarchie constitutionnelle à la famille royale des Al-Khalifa.

Le 20 juin, les autorités avaient déchu de sa nationalité bahreïnie le chef spirituel chiite, cheikh Issa Qassem, 75 ans, accusé d'"encourager le confessionnalisme et la violence" et de servir "des intérêts étrangers", en allusion à l'Iran.

Soutenu par l'Arabie Saoudite, le pouvoir à Manama accuse régulièrement l'Iran, puissance régionale à majorité chiite, d'ingérences dans ses affaires intérieures, ce que Téhéran a toujours démenti.

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