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30/10/2016 08:57 EDT | Actualisé 31/10/2017 01:12 EDT

5.000 Roumains manifestent un an après le drame qui avait fait chuter le gouvernement

Environ 5.000 Roumains ont manifesté dans une atmosphère de recueillement dimanche à Bucarest, un an après un incendie dans un club qui avait tué 64 personnes et provoqué un mouvement de protestation sans précédent contre la classe politique roumaine.

L'enquête a révélé une série de manquements aux règles de sécurité les plus élémentaires, notamment l'absence de sorties de secours et l'utilisation de matériaux inflammables pour l'isolation acoustique du club. Le scandale avait entraîné la chute du gouvernement social-démocrate de Victor Ponta.

Les manifestants, des jeunes pour la plupart, se sont rassemblés au centre-ville avant de marcher en silence vers le "Colectiv", ravagé par les flammes au soir du 30 octobre 2015.

Des larmes aux yeux, nombre d'entre aux ont allumé des bougies et déposé des fleurs devant un monument inauguré dimanche en mémoire des victimes et contre un mur situé à proximité du club, dont l'accès est toujours interdit.

"Un an est passé, rien n'a changé", pouvait-on lire sur une banderole portée par des manifestants.

"Nous espérons que des choses vont changer, sinon cela signifierait qu'il n'y a pas d'espoir" pour la Roumanie, a déclaré à l'AFP Eugen Iancu, le père d'un jeune homme mort dans l'incendie et président d'une association de victimes.

Il s'est dit révolté avant tout par "la misère" qui sévit toujours dans les hôpitaux roumains, rappelant que "la plupart des jeunes sont morts à cause de bactéries" attrapées alors qu'ils étaient soignés pour leurs blessures.

Près de 200 personnes avaient été blessées dans l'incendie provoqué par des feux d'artifice. Vingt-six sont mortes sur place et 38 autres dans les mois qui ont suivi.

Valentin, un manifestant de 38 ans, dénonce l'"indifférence" des autorités et la "corruption", accusant ceux ayant "reçu de l'argent" pour autoriser l'ouverture du club en dépit des manquements aux normes de sécurité.

Le président Klaus Iohannis, qui a déposé une couronne de fleurs dans la matinée, a pour sa part regretté qu'un an après, "on ne sait toujours pas qui sont les responsables de ce terrible accident".

Six personnes ont été inculpées d'"homicides involontaires": les trois patrons du club et trois responsables de la société ayant installé les feux d'artifice. Leur procès devrait commencer bientôt.

Un maire d'arrondissement, plusieurs fonctionnaires de la mairie et deux pompiers sont également accusés de négligence.

mr/glr