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28/10/2016 12:12 EDT | Actualisé 28/10/2016 12:13 EDT

Les films à l'affiche dès le 28 octobre 2016 (PHOTOS)

Sortie au cinéma prévue? Découvrez les films à l'affiche cette semaine!

Le Huffington Post Québec et Mediafilm.ca vous présentent les films qui prennent l'affiche cette semaine au Québec:


Galerie photoFilms de la semaine Voyez les images


AMERICAN PASTORAL

États-Unis. 2016. 108 min.

Drame réalisé et interprété par Ewan McGregor avec Jennifer Connelly, Dakota Fanning, David Strathairn, Peter Riegert, Uzo Aduba, Valorie Curry, Samantha Mathis, Molly Parker.

Lors des retrouvailles des anciens élèves de sa classe, l'écrivain Nathan Zuckermann rencontre Lou Levov, qu'il n'a pas vu depuis quarante ans. Leur conversation dévie sur le frère cadet de Lou, Seymour, ex-champion de l'équipe de football qui, à la fin de ses études, a repris en main la fabrique de gants de leur père. Seymour vient de mourir et Lou entreprend de raconter à Nathan le calvaire qu'a été sa vie depuis la disparition de sa fille, au milieu des années 1960. Marié à une reine de beauté, l'homme d'affaires juif vouait un culte sans borne à leur adorable fille bègue, Merry. À l'époque, la télévision restituait sans relâche les images tragiques du Vietnam, et celles montrant comment s'organisait dans les rues la résistance contre cette guerre. Révoltée par l'attitude du gouvernement de Lyndon B. Johnson et par les valeurs conventionnelles de sa famille, Merry s'est radicalisée. Un matin, le bureau de poste de leur petite ville de Newark, au New Jersey, a été soufflé par une explosion, causant la mort d'un homme. Dans la foulée, l'adolescente avait disparu.

L'acteur Ewan McGregor reproduit presque à la lettre le parcours de ce roman-fleuve de Philip Roth. Mais il manque de rendre à l'écran l'immense complexité du matériau de base et d'en sonder les grands courants souterrains. Avec pour résultat un film satisfaisant au plan dramaturgique, mais qui se contente d'astiquer sa surface aux lignes classiques.

BOREALIS

Canada. 2016. 95 min.

Comédie dramatique de Sean Garrity avec Jonas Chernick, Joey King, Emily Hampshire, Kevin Pollak, Jake Epstein.

Depuis la mort de son épouse, Jonah s'occupe seul de sa fille Aurora, 15 ans. Endetté auprès d'un bookmaker, le chômeur et joueur compulsif de Winnipeg apprend que son adolescente perdra la vue prochainement. Incapable de rembourser son créancier qui exerce sur lui une pression menaçante, Jonah propose à Aurora de faire avec lui un pèlerinage à Churchill, au nord du Manitoba, où il affirme avoir contemplé des aurores boréales avec sa femme, autrefois. À contrecoeur, la jeune fille rebelle accepte, posant même ses conditions. Au fil du voyage, elle se laissera gagner par la tendresse de ce père imparfait qui, malgré tous ses mensonges, entend lui offrir un peu de beauté avant la tombée de la nuit.

Malgré une prémisse connue et quelques situations plaquées, Sean Garrity (After the Ball) signe ici une oeuvre tendre et sincère sur l'apprentissage de la vulnérabilité. Les charismatiques Jonas Chernick et Joey King procurent au film une véritable force émotionnelle. Mis en scène de façon un peu sage, le récit culmine sur un superbe dénouement.

INFERNO

États-Unis. 2016. 121 min.

Thriller de Ron Howard avec Tom Hanks, Felicity Jones, Ben Foster, Omar Sy, Sidse Babett Knudsen, Irrfan Khan.

Célèbre expert en symbologie, l'Américain Robert Langdon se réveille dans un hôpital de Florence, sans pouvoir se souvenir des circonstances qui l'y ont conduit. À son chevet, la docteure anglaise Sienna Brooks lui raconte qu'il a été blessé par balle à la tête, et prédit qu'il recouvrera la mémoire d'ici quelques jours. C'est alors qu'une policière à moto débarque et tente de l'exécuter. Avec l'aide de Sienna, Robert s'enfuit et, réfugié chez elle, avertit l'ambassade américaine. Dans les minutes qui suivent, le tandem doit à nouveau prendre la fuite, sous les feux de mystérieux assaillants. Mais que fait Robert à Florence, lui dont le plus récent souvenir le place à Cambridge, où il enseigne? Et qu'est-il advenu de son ami Ignazio Busoni, grand spécialiste de "L'enfer" de Dante avec qui il avait présumément rendez-vous? Alors que l'étau se resserre sur Robert et Sienna en déplacement perpétuel, se dessine un vaste complot à l'échelle mondiale impliquant un milliardaire idéaliste, des bandits à cravate et l'éclosion imminente du virus de la peste noire.

Ce 3e épisode des aventures de Robert Langdon ne dépare pas vraiment la série inaugurée avec Da Vinci Code et Angels & Demons. Mais une routine s'est installée. Les jeux de piste et de bas-les-masques dans les musées à ciel ouvert, ainsi que les poursuites rocambolesques à intervalles réguliers, rendent l'expérience un peu plus futile que les précédentes.

MADEMOISELLE

Corée du Sud. 2016. 145 min.

Drame sentimental de Park Chan-wook avec Kim Tae-ri, Kim Min-hee, Ha Jung-woo, Cho Jin-woong, Moon So-ri.

Corée, années 1930. L'orpheline Sookee est envoyée par sa protectrice, receleuse et marchande de nouveau-nés, chez un colonisateur japonais, Kouzuki, qui habite une immense et sombre demeure isolée. Sa mission: à titre de gouvernante, gagner la confiance de Hideko, la nièce du vieil homme, héritière d'une fortune colossale sur laquelle Le Comte espère mettre la main en l'épousant. Dès son arrivée, la jeune fille parvient à créer une complicité avec Hideko. Au fil des jours, l'amitié entre elles grandit, au point où Sookee songe à renoncer à son plan sinistre, qui implique l'internement de Hideko dans un asile psychiatrique sitôt les noces consommées. Mais Le Comte multiplie les visites et veille au grain. Lorsque le piège se referme, Sookee a la surprise de sa vie.

Fidèle à lui-même, le réalisateur de Old Boy et Lady Vengeance a concocté une intrigue sordide et fulgurante, à retournements multiples, dont les trois épisodes s'emboîtent comme des poupées gigognes. En vrai plasticien du cinéma, Park Chan-Wook fait vibrer chaque plan, chaque tableau. À l'image de leurs personnages, les deux interprètes féminines dominent.

MARGUERITE

France. 2015. 129 min.

Comédie dramatique de Xavier Giannoli avec Catherine Frot, André Marcon, Denis M'Punga, Michel Fau, Christa Theret, Sylvain Dieuaide.

Paris, années 1920. Le critique de musique Lucien Beaumont infiltre une soirée mondaine donnée par Marguerite Dumont, épouse d'un baron complaisant qu'elle a sauvé de la ruine. Au programme de cette réception destinée à recueillir des fonds pour les orphelins de guerre: un récital lyrique, auquel participe Hazel, une soprano fraîchement émoulue du conservatoire. Et la pièce de résistance: l'hôtesse elle-même, qui ignore à quel point elle chante faux et combien l'entendre sans rire est une pénitence. Épatés par sa naïveté mêlée de culot, Lucien et son comparse Kyril invitent Marguerite à se produire dans une farce anarchiste et dadaïste dont elle sera, à son insu, le dindon. Sourde aux injures de l'assistance et enhardie par cette toute première expérience devant un vrai public, l'aristocrate riche à craquer se met en tête de monter un spectacle à l'opéra. Au grand désespoir de son mari infidèle, qui craint de la voir se couvrir de ridicule.

Catherine Frot est particulièrement émouvante dans la peau de cette femme vraie... qui sonne faux. Tout le film de Xavier Giannoli (Quand j'étais chanteur), inspiré de l'histoire de Florence Foster Jenkins, repose sur ce riche paradoxe. Bien que lesté de quelques passages inutiles, le film se distingue par l'ambition de son scénario et l'élégance de sa mise en scène.

OEIL POUR OEIL

Canada. 2016. 105 min.Documentaire de Ilan Ziv.

Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, le Texan Mark Stroman ouvre le feu sur des citoyens américains musulmans et, dans sa haine aveugle, s'en prend également à un commerçant d'origine indienne. Rapidement arrêté, il est reconnu coupable de meurtres multiples. Dans le couloir de la mort, le patriote suprémaciste a accès à des livres sur la Deuxième Guerre mondiale et la Shoah. Prenant conscience de l'horreur de ses gestes, Stroman exprime un repentir sincère devant la caméra d'Ilan Ziv. S'attachant au condamné résigné, le cinéaste canadien d'origine juive accepte d'être témoin à son exécution. Entretemps, le seul survivant de ces crimes haineux, le Bangladais Rais Bhuiyan, pardonne publiquement à son agresseur, au nom de l'Islam et de son message de miséricorde. Avec le soutien de Ziv et de ses avocats, ce dernier tente par tous les moyens légaux d'empêcher l'exécution de Stroman, fixée au 21 juillet 2011.

À partir d'un drame humain riche et complexe, Ilan Ziv (Exile - A Myth Unearthed) livre un puissant plaidoyer contre la peine de mort et pour la fin du cycle de la haine. Sa réalisation vivante génère un réel suspense, fortifié par la présence attachante et vulnérable du condamné victime de son ignorance et de son impulsivité.

PRANK!

Canada. 2015. 78 min.Comédie dramatique de Vincent Biron avec Étienne Galloy, Constance Massicotte, Alexandre Lavigne, Simon Pigeon, Eric K. Boulianne, Normand Daoust.

Experts en mauvais coups et canulars diffusés sur Internet, Martin et Jean-Sé ont besoin de quelqu'un possédant un cellulaire pour filmer leur nouvelle frasque dans un supermarché. Par chance, ils tombent sur Stefie. Docile, ce garçon un peu plus jeune qu'eux les suit et s'exécute, puis promet de leur envoyer la vidéo le soir même. Pour cet adolescent sans amis, doté d'un léger surpoids et portant un appareil dentaire, cette rencontre pourrait marquer un tournant. De fait, quelque temps après, les deux farceurs décident de l'intégrer dans leur petite bande, complétée par la jolie et imprévisible Léa, la copine de Martin. Mais lorsqu'une de leurs victimes menace de s'en prendre à cette dernière, c'est Stefie, et non Martin, qui vole à son secours. Enhardi par cet exploit, le garçon espère maintenant gagner le coeur de la jeune fille.

À mi-chemin entre Jackass et Les idiots, ce premier long métrage de Vincent Biron exploite en surface un récent phénomène sociomédiatique, à travers un récit d'apprentissage mince et prévisible. Si l'humour ne vole pas haut, une sincérité attachante se dégage de l'exercice, efficacement réalisé, malgré un budget très modeste, et interprété avec conviction.

THE VIOLIN TEACHER

Brésil. 2015. 102 min.

Drame musical de Sérgio Machado avec Lazaro Ramos, Kaique de Jesus, Elzio Vieira, Sandra Corveloni, Fernanda de Freitas, Graça Andrade.

Laerte, violoniste de grand talent mais incapable de surmonter son trac, est recalé lors de son audition d'entrée à l'orchestre symphonique de Sao Paulo. Étranglé par les dettes, il accepte à contrecoeur d'enseigner la musique à des adolescents d'Heliopolis, la plus grande favela de la ville. Parmi les élèves indisciplinés, dont certains impliqués dans les trafics des gangs criminels, se distingue Samuel, un violoniste très doué, mais contraint de répéter à l'insu de son père autoritaire. Au fil des semaines, les musiciens de la favela acquièrent de plus en plus de dextérité et d'unité, grâce au travail acharné de Laerte. Toutefois, à l'approche du spectacle annuel de l'école, ce dernier se voit offrir une nouvelle chance d'obtenir un poste dans l'orchestre symphonique.

Cette histoire vraie, qui rappelle celle de Music of the Heart de Wes Craven, est racontée de manière classique, avec quelques passages mélodramatiques. Mais son éloquente sincérité transcende la routine. Attentive, parfois nerveuse, la réalisation tire profit de la touchante beauté de la musique classique et Lazaro Ramos est solide dans le rôle-titre.