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26/10/2016 10:50 EDT

Woodstock: pourquoi les meurtres de huit aînés sont-ils passés inaperçus? (VIDÉO)

Aucune loi en Ontario ne force la tenue d'une autopsie lorsqu'un aîné meurt dans un centre de soins de longue durée (CSLD), ce qui pourrait expliquer pourquoi huit patients de CSLD ont été tués, selon la police, de 2007 à 2014 dans la région de Woodstock, sans que personne ne s'en rende compte.

L'ex-infirmière Elizabeth Wettlaufer est accusée du meurtre prémédité des huit aînés de 75 à 96 ans, alors qu'elle travaillait en CSLD dans la région de Woodstock, à l'ouest de Toronto.

Selon la police, l'accusée aurait administré une drogue à ses victimes.

L'opposition néo-démocrate a soulevé à l'Assemblée législative, mardi, l'enjeu de la surveillance dans les foyers.

«Comment des meurtres peuvent-ils survenir dans des centres de soins de longue durée, sans qu'ils ne soient détectés pendant près de 10 ans?» — Teresa Armstrong, députée du NPD

La première ministre Kathleen Wynne n'a pas voulu commenter la question mardi, expliquant que l'enquête policière était toujours en cours. Elle a qualifié la nouvelle de « tragique et bouleversante ».

De son côté, le ministre de la Santé, Eric Hoskins, a assuré que le système actuel de protection des patients était « très rigoureux », sans vouloir commenter la possibilité de changements.

Plus de surveillance?

Actuellement, lorsqu'un décès survient dans un foyer en Ontario, l'établissement doit immédiatement rapporter la mort du résident au coroner. Ce dernier décide alors s'il doit y avoir enquête.

Un membre de la famille du défunt peut aussi demander une enquête, s'il s'inquiète des circonstances de sa mort. Le coroner peut alors interroger les différentes parties.

Toutefois, il est rare qu'une autopsie soit pratiquée.

Le Centre de défense des personnes âgées de l'Ontario dit qu'il serait trop lourd pour le système de pratiquer une autopsie pour chaque aîné mort dans un CSLD. Toutefois, selon l'organisme, le coroner devrait faire des vérifications aléatoires sur un nombre minimal de cas rapportés.

Proches en détresse :

La fille de l'une des victimes, Susan Horvath, dit qu'elle avait senti que quelque chose n'allait pas avant la mort de son père, Arpad, en 2014. « J'ai vu mon père et la condition dans laquelle il était et il éprouvait beaucoup de peur - beaucoup de peur - et j'ai remarqué des choses, des choses sur son corps... J'avais un pressentiment et je l'ai dit à ma mère », a-t-elle relaté à la station de radio AM980. Pour sa part, Daniel Silcox a appris que son père, James, faisait partie des victimes en écoutant la radio, mardi matin. « On vit la mort de mon père en ce moment. C'est terrifiant », a-t-il confié à la Presse canadienne.

-Avec des informations fournies par Christian Noël