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24/10/2016 14:29 EDT | Actualisé 25/10/2017 01:12 EDT

Comment stopper la guigne, selon Mike Schmidt

L'ancien troisième-but des Phillies de Philadelphie, Mike Schmidt, joueur par excellence de la Série mondiale en 1980, se souvient des superstitions et des malédictions qui hantaient l'équipe avant de l'amorcer. 

À la veille du début de la Série mondiale entre les Cubs de Chicago et les Indians, mardi à Cleveland, Mike Schmidt a bien en mémoire l'un des thèmes souvent abordés, celui de la guigne et de la malédiction qui entoure une équipe.

« En 1980 avec les Phillies de Philadelphie, nous entendions sans arrêt que nous n'avions jamais tout raflé, raconte Schmidt. Puis nous avons mis fin à la plus longue disette du baseball. 

« Les Indians sont aussi aux prises avec ce genre de choses, ajoute-t-il. Ils ont remporté leur dernière Série mondiale en 1948 et c'était face aux Braves de Boston. Mais les rois de l'attente, ce sont les Cubs. Ils y étaient en 1945, mais n'ont pas triomphé depuis 1908. »

Plusieurs poseront la question sur un ton léger. Qui a le plus souffert?

Et les amateurs tenteront de secouer la guigne de toutes les façons imaginables.

« Ceux des Cubs n'ont pas ménagé les efforts, a souligné Schmidt. Une chèvre sur le terrain, de l'eau bénite autour de l'abri ou encore électrocuter la balle « Bartman » (une balle interceptée par un partisan des Cubs, Steve Bartman, au moment où Moises Alou s'apprêtait à la capter) ont été essayés. Trois gars qui trimballent une chèvre un peu partout aux États-Unis. Rien n'a marché. Mais vous savez, rien de tout cela n'atteint les joueurs. »

L'ancien frappeur de puissance des Phillies et membre du Temple de la renommée à Cooperstown cite quelques exemples illustrant l'indifférence des joueurs devant l'irrationnel.

« Dans notre vestiaire en 1980, personne n'a évoqué l'échec de 1950 ou l'effondrement de 1964, a-t-il énoncé. Pouvez-vous imaginer Pete Rose demandant à Steve Carlton quoi faire à propos de la guigne? Je parie que si l'on demandait aux joueurs des Indians, ils ne sauraient pas vous dire l'année de la plus récente participation de l'équipe à la Série mondiale. 

« Chez les Cubs, peut-être sera-t-on un peu plus informé, mais ça n'aura pas plus d'impact sur leur façon de jouer. »

Schmidt, qui a cogné 548 circuits au cours de sa carrière, se fait beaucoup plus réaliste.

« Les ''dieux du baseball'', en lesquels tous les joueurs croient, aiment les clubs qui exécutent les jeux fondamentaux, mettent la balle en jeu quand il le faut, font avancer les coureurs, jouent bien en défense et créent de l'action sur les buts. 

« Ils se méfient des équipes qui misent sur les circuits, qui ne donnent pas leur plein rendement ou qui gaspillent des occasions de retraits. »

Il se fait même plus insistant sur les détails qui jalonnent chaque jeu de baseball.

« Les équipes ayant du succès en séries font les petites choses qui comptent. Celles qui se font battre jouent sur les talons. Je le sais, car j'ai vécu les deux, s'est-il remémoré. En tenant compte de la pression qu'amène la Série mondiale, le défi, pour les Indians et les Cubs, sera donc de jouer en étant patients, détendus et confiants. »

Et il conclut.

« Les amateurs et les journalistes peuvent s'amuser avec les malédictions. Pour l'une des équipes, la disette va se prolonger. Mais soyez certains de ceci. Dès qu'on entendra le premier ''Play ball!'', l'histoire n'aura rien à voir avec le dénouement. »