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24/10/2016 13:48 EDT | Actualisé 25/10/2017 01:12 EDT

Colombie: pour l'ELN, exiger la libération des otages "torpille" les pourparlers

La guérilla de l'ELN a estimé lundi que l'exigence du gouvernement colombien de libérer tous ses otages avant de négocier la paix, "torpillait" les actions préparatoires à l'ouverture jeudi des pourparlers visant à clore à plus de 50 ans de conflit armé.

Juan Camilo Restrepo, nommé dimanche par le président colombien Juan Manuel Santos pour mener les pourparlers de paix avec la deuxième guérilla du pays, avait réaffirmé un peu plus tôt lundi que l'ELN devait avant tout relâcher un ex-parlementaire, Odin Sanchez, qu'elle détient depuis environ six mois.

"La déclaration de J. C. Restrepo torpille les actions mutuelles qui restent à mettre en oeuvre avant le 27 de octobre", a écrit l'ELN sur son compte Twitter, en réagissant aux propos du chef négociateur du gouvernement, qui a réitéré la condition préalable posée par le président Santos.

"Si d'ici jeudi (l'ex-député) Odin Sanchez n'est pas libéré sain et sauf, les conditions ne seront pas réunies pour entamer cette phase publique des négociations", à déclaré M. Restrepo sur radio Caracol.

Le gouvernement colombien et l'ELN, apparue en 1964 et qui compte environ 1.500 combattants selon des chiffres officiels, avaient annoncé le 10 octobre l'ouverture officielle de ces négociations le 27, après de longues tractations menées en secret.

L'ELN suit les pas des Force armées révolutionnaires de Colombie (Farc), principale guérilla du pays, qui ont signé le 26 septembre un accord avec le président Santos pour clore un conflit de 52 ans. Ils ont toutefois dû reprendre les négociations à la suite du rejet du texte par les Colombiens lors d'un référendum le 2 octobre.

L'Equateur, pays garant qui doit accueillir partie de ces négociations, a malgré tout annoncé lundi qu'elles s'ouvriraient le jour prévu dans un musée de Quito, puis se tiendraient ensuite dans une propriété jésuite des environs de la capitale.

"Jusqu'à présent, la volonté des parties, d'installer la première table de dialogue le 27 octobre et de commencer à négocier la semaine suivante, se maintient", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Guillaume Long.

Le complexe conflit armé colombien a impliqué, au fil des décennies, guérillas d'extrême gauche, paramilitaires d'extrême droite et forces armées, faisant plus de 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

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