NOUVELLES
24/10/2016 09:04 EDT | Actualisé 25/10/2017 01:12 EDT

Belgique : l'échelon fédéral et la Wallonie s'accusent mutuellement d'avoir fait échouer le Ceta

Le chef du gouvernement fédéral belge, Charles Michel, et son homologue à la tête de la région francophone de Wallonie, Paul Magnette, se sont accusés mutuellement lundi d'avoir fait capoter les pourparlers intra-belges sur l'important accord de libre échange Ceta entre l'UE et le Canada, menacé d'échouer.

"Il n'a pas été possible d'organiser dimanche les réunions convoquées par la Commission européenne", en raison du "choix de la chaise vide" de la Wallonie, a accusé devant la presse le Premier ministre fédéral, le libéral Charles Michel.

M. Michel, favorable à la signature du Ceta, s'exprimait à l'issue d'une réunion du "comité de concertation" entre son gouvernement et celui des régions belges qui a débouché sur un constat de désaccord, la Wallonie notamment ayant maintenu son refus d'entériner le Ceta.

M. Michel, qui avait jusqu'à lundi après-midi pour annoncer aux responsables de l'UE la position de la Belgique par un simple "oui" ou "non", a aussi accusé les représentants de la Wallonie d'être restés muets lors d'une réunion technique plus tôt dans la journée.

"Nous étions en état de faire de contre-propositions. Je regrette que personne n'ait souhaité, du côté du gouvernement fédéral, ouvrir ces discussions", a immédiatement répliqué le socialiste Paul Magnette, qui dirige la Wallonie, une région de 3,6 millions d'habitants confrontée à de lourdes difficultés économiques.

Le chef du gouvernement de la riche région de Flandre, le nationaliste flamand Geert Bourgeois, a qualifié de "honte pour tout le monde, pour nous, pour la Wallonie, pour l'Europe, pour le Canada" l'échec des discussions.

Jusqu'à présent, les responsables politiques flamands, généralement favorables au traité avec le Canada - les échanges commerciaux de la Belgique avec Ottawa sont réalisés à 90% en Flandre - se sont montrés plus cléments qu'à l'accoutumée avec les dirigeants francophones, qu'ils taxent souvent d'archaïsme.

Le cavalier seul de la Wallonie apporte des arguments supplémentaires aux indépendantistes flamands, qui clament depuis des années que Wallonie et Flandre constituent "deux démocraties distinctes", estimait lundi une source proche du gouvernement fédéral.

"C'est la Nouvelle alliance-flamande (N-VA) - un parti qui prône l'indépendance à terme de la Flandre - qui va engranger" les gains politiques de ces dissensions, a ajouté cette source.

siu/mad/mct