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23/10/2016 10:35 EDT | Actualisé 24/10/2017 01:12 EDT

Washington veut isoler l'EI à Raqa parallèlement à la bataille de Mossoul

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a plaidé dimanche pour une opération isolant le groupe Etat islamique (EI) dans son fief de Raqa en Syrie simultanément à l'offensive en cours contre Mossoul, dernier grand bastion de l'EI en Irak.

"Nous voulons voir une opération d'isolement (de l'EI) à Raqa dès que possible", a déclaré M. Carter lors d'une visite dans la région autonome du Kurdistan irakien.

"Nous travaillons avec nos partenaires là-bas (en Syrie) pour mettre en oeuvre" une telle opération, a précisé M. Carter.

"Il y aura une certaine simultanéité dans les deux opérations", a-t-il insisté, en faisant allusion à l'offensive de Mossoul.

Les Etats-Unis sont à la tête d'une coalition internationale regroupant une soixantaine de pays pour lutter contre les jihadistes de l'EI en Irak et en Syrie. Cette coalition mène des frappes aériennes dans ces deux pays et entraîne des forces engagées dans les combats contre l'EI.

Si le groupe extrémiste perdait Mossoul en Irak, il ne contrôlerait plus que Raqa dans le nord de la Syrie comme grande ville.

Le président français François Hollande et son chef de la diplomatie Jean-Marc Ayrault ont souligné à plusieurs reprises ces derniers jours la nécessité de préparer la bataille pour reprendre Raqa, d'où ont été planifiés certains des attentats ayant ensanglanté la France depuis un an.

Le chef du Pentagone a répondu à ces préoccupations, soulignant que la destruction des capacités de planification d'attentats de l'EI restaient "la plus haute priorité" de la coalition.

"Nous réussissons de mieux en mieux" dans ce domaine, a-t-il indiqué, en allusion aux éliminations récentes de plusieurs dirigeants de l'EI.

"Et Mossoul va nous aider pour cela", a-t-il ajouté. Avec la conquête de la ville, "nous aurons plus de renseignements, plus d'informations" qui donneront "de nouvelles opportunités pour attaquer les planificateurs d'attentats", a-t-il dit.

"Et plus nous réduisons le territoire" des jihadistes, "et moins ils sont libres d'orchestrer une attaque complexe", a-t-il dit.

Après avoir conquis de manière éclair de vastes territoires ne Irak et en Syrie en 2014, l'EI a perdu du terrain et de nombreuses grandes villes comme Fallouja et Ramadi en Irak.

Selon M. Carter, l'idée d'un parallélisme entre des opérations à Mossoul et à Raqa "fait partie de nos plans depuis un bon moment".

Pour Mossoul, l'opération est menée en collaboration avec l'armée irakienne et les troupes de la région autonome kurde du nord du pays.

En Syrie, déterminer quelles forces au sol pourraient mener une telle opération risque en revanche d'être un casse-tête.

Washington a jusque là soutenu des forces kurdes et des groupes rebelles face à l'EI. Mais le régime du président syrien Bachar al-Assad, appuyé par la Russie et décrié par Washington, revendique aussi un rôle dans la lutte contre les jihadistes.

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