DIVERTISSEMENT
23/10/2016 03:59 EDT | Actualisé 23/10/2016 04:00 EDT

Malefycia: horreur, peur et frayeurs théâtrales

Malefycia

Enfiler une combinaison une-pièce avant de plonger dans l'univers énigmatique et terrifiant d'une Maison de l'horreur franchement angoissante; c'est ce que propose aux visiteurs amateurs de sensations fortes le créateur du festival Malefycia, Mathieu Surprenant. Au menu de cette folle incursion dans un film d'horreur devenu réalité: des personnages terrifiants, des acteurs bourrés de talent, une mise en scène impeccable et de gros... d'énormes malaises horrifiants.

Du théâtre d'horreur

On entre dans la Maison de l'horreur du festival Malefycia comme on entre dans n'importe quelle autre maison hantée: la peur au ventre et les sens aux aguets. Par contre, on se rend rapidement compte que cette maison n'est pas comme les autres, et c'est tant mieux. Si cette Maison de l'horreur a été déclarée «18 ans et plus extrême», ce n'est pas sans raison et il vaut mieux être prêt à faire face à toutes les éventualités lorsqu'on y pénètre en petits groupes effrayés.

Mathieu Surpenant dit avoir regardé des films d'horreur toute sa vie et cela se sent (dans tous les sens du terme, vous verrez) lorsqu'on déambule dans cette maison où se déroulent des scènes angoissantes au possible. Dans l'une des pièces, deux infirmières possédées s'appliquent à installer ce malaise qui ne nous quittera plus, nous invités indésirables. Dans une autre, une espèce de zombie obsédé sexuel rend bien clairs ses désirs et son envie absolument nulle de se retenir… Entre des tunnels gluants où règne l'obscurité totale et une école où la professeure-religieuse punit méchamment un élève bien particulier, on se laisse prendre au jeu faisant voguer les pensées entre fiction et réalité.

Oui, certaines scènes se font franchement troublantes. Celle où accouchement, viol et bébés morts forment un amalgame de moments déroutants ou encore celle, infiniment malodorante, où le personnage et ses comportements suscitent les plus vives réactions des visiteurs.

Et à travers tout cela, des acteurs - parfois uniques - au talent indéniable, offrant bien plus que des cris et des sursauts. Puis des matières visqueuses et dégoûtantes que l'on touche et que l'on reçoit sur cette combinaison kaki qu'on est bien heureux, finalement, de porter.

«Toute l'année, dans ma tête, je travaille sur le projet, des sujets aux pièces, explique Mathieu Surprenant. En fait, j'essaie de me poser la question: qu'est-ce que les gens n'aiment pas dans la vie? Pour cette deuxième édition, je suis beaucoup allé vers les malaises sexuels et ces moments qui font qu'on ne se sent pas bien pour créer la Maison de l'horreur. On a doublé la maison de grosseur, on a ajouté une section famille, un service de gardiennage pour les parents qui viennent visiter la maison, un permis d'alcool, un Freak Show animé par Christopher Williams pour que la file d'attente soit moins longue et le Requiem Fear Fest; une convention en compagnie des acteurs de Evil Dead.»

Célébrer Halloween entre adultes

Cet admirateur d'horreur qui se faisait reprocher par ses voisins de décorer «trop intensément» sa maison de Saint-Jean sur le Richelieu n'orne plus son terrain en octobre, car Malefycia est devenu cet endroit magique où il peut enfin célébrer Halloween entre adultes.

«Je me suis dit: j’ai une passion, c'est ce que j'aime. Pourquoi ne pas essayer de vivre de cela? J'ai vu le potentiel qu'il y avait pour les festivals d'horreur. Je sais que cela peut marcher, car j'ai des idées qui sont différentes des autres, de ce qu'on voit dans les autres maisons d'horreur. Je vise vraiment, même si c'est voir très grand, un mini Cirque du Soleil version horreur. J'aimerais le transporter un peu partout», ajoute-t-il.

Ses acteurs sont souvent des amis venus l'aider tout en s'amusant autant que lui. «Je voulais aussi une distribution différente; que l'on retrouve dans chaque pièce, un personnage créant un impact majeur. C'est ce qui se passe avec la présence de certains acteurs qui ont de véritables handicaps. Ce qui est bien, c'est que ce sont eux qui sont venus vers moi afin de participer. Cela me fait triper de rendre des scènes réelles, et ce, sans véritable budget.»

«La peur, ce n'est pas juste sursauter ou crier. La peur vient du malaise ressenti dans une situation précise. Lorsque tu te retrouves dans une pièce où ce que tu vois te rend mal à l'aise, le niveau de peur augmente. Je souhaitais créer des ambiances qui amèneraient les gens à se sentir mal. Et je tenais à ce que le tout soit théâtral, que l'horreur se sente dans chaque petit détail.»

Le festival Malefycia se poursuit le soir du 23 octobre puis du 27 au 31 octobre au Bassin Peel à Montréal.

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