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21/10/2016 11:30 EDT | Actualisé 21/10/2016 11:30 EDT

«Salut Sylvain!»: Hommage à Sylvain Lelièvre en trois générations (ENTREVUE/PHOTOS)

Courtoisie

Décédé subitement en 2002, Sylvain Lelièvre revit ces jours-ci grâce à trois générations d’artistes. De Louis-Jean Cormier à Michel Rivard, ils sont treize à lui rendre hommage avec la parution cette semaine de l’album hommage Salut Sylvain!

En 2010, lorsque Nicolas Lemieux fait l’acquisition de la maison GSI Musique, il met en même temps la main sur le catalogue de l’artiste limoulois. À la découverte de son œuvre se conjugue une rencontre marquante, celle de Monique Vaillancourt-Lelièvre, veuve de Sylvain. C’est à ce moment que germe l’idée d’un album hommage, explique le producteur lors du lancement ayant eu lieu hier soir au Sacrilège, à Québec.

Nicolas se tourne vers l’animatrice Monique Giroux pour la direction artistique. « Il n’y avait personne d’autre que Monique pour faire ce projet. C’était un quitte ou double: c’était Monique ou zéro. Ça a pris dix secondes pour qu’elle accepte. Ensuite, c’est elle qui a choisi Alex MacMahon, le réalisateur. C’est un projet qui a demandé deux ans de travail », poursuit-il.

De 300 à 13

Le matériel laissé par le musicien en impose: près de 300 chansons ont été endisquées des années 70 à l’aube des années 2000. «On aurait pu faire un album quadruple», souligne Nicolas Lemieux.

Après sélection, onze morceaux sont retenus. Deux finissent par s’ajouter en cours de route, dont un qu’Isabelle Boulay insiste pour reprendre.

«J’ai croisé Isabelle Boulay sur un plateau de télé et on se parlait de nos projets du moment en salle de maquillage, raconte Monique Giroux. Je lui ai alors dit que je travaillais sur un projet d’hommage à Sylvain Lelièvre. Elle me dit qu’elle veut vraiment chanter Toi l’ami. On ne pouvait pas lui refuser ça. » Surtout que la chanteuse l’avait déjà interprétée en 1995 lors d’un hommage à l’artiste aux Francofolies.

Galerie photo «Salut Sylvain!» Voyez les images

Suit le choix des artistes. Certains allaient de soi pour la directrice artistique, comme Danielle Oderra, qui se lie d’amitié avec Lelièvre dans les années 60, mais aussi Louis-Jean Cormier. En 1999, l’homme derrière Les grandes artères fait la rencontre du musicien dans le cadre d’une tournée conjointe avec Pierre Barouh.

«On est partis à Sept-Îles avec l’émission que j’animais à l’époque, raconte Monique Giroux. Pierre ou Sylvain, je ne me souviens plus qui des deux, avait demandé à aller dans une famille où on faisait de la musique. Mes collègues de Radio-Canada nous ont alors désigné une famille de Cormier. Mme Cormier avait fait une espèce d’énorme buffet posé sur la table. On a mangé, on a bavardé et un moment donné, arrive un jeune homme de 15 ou 16 ans avec sa guitare électrique. C’était Louis-Jean Cormier. »

En tout, trois générations d’artistes ont donné leur voix aux chansons de Lelièvre, dont Michel Rivard (La Basse-Ville), Ariane Moffatt (Petit matin) et les Sœurs Boulay (Marie-Hélène).

Intemporel

Grâce à ces reprises, Monique Vaillancourt-Lelièvre espère «qu’une autre génération aussi d’auditeurs puissent découvrir Sylvain». Surtout que de son avis, l’œuvre de son défunt mari est intemporelle, comme les pièces Marie-Hélène et Partir de zéro.

Cette dernière est «une chanson sociale forte, relève-t-elle. Elle a été écrite au début des années 1980. Elle n’a pas fait un succès sur disque, mais en spectacle c’était une chanson forte parce qu’elle parle de chômage, d’injustice sociale. Sylvain a toujours été intéressé par tout ce qui se passait sur le plan politique, sur le plan social. C’était quelqu’un de très engagé.»

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