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21/10/2016 09:27 EDT | Actualisé 21/10/2016 10:43 EDT

Le régime syrien ouvre un nouveau corridor humanitaire à Alep

Le régime syrien a ouvert vendredi un nouveau corridor humanitaire à l'intention des civils et des rebelles qui souhaiteraient évacuer les quartiers assiégés de l'est de la ville d'Alep, mais l'ONU a indiqué que l'absence de garanties de sécurité de la part des belligérants a empêché le début des évacuations médicales prévues.

Ces évacuations, qui s'inscrivent dans le cadre de la trêve russe, avaient été annoncées en grande pompe par les responsables onusiens la veille.

Mais un porte-parole de l'agence onusienne d'aide humanitaire, Jens Laerke, a décrit une "situation astronomiquement difficile", même s'il a refusé de pointer qui que ce soit du doigt pour l'échec des projets de vendredi. Un autre responsable onusien a toutefois déclaré, sous le couvert de l'anonymat, que ces évacuations sont bloquées par les rebelles puisque la Russie interfère avec l'envoi d'une aide humanitaire et médicale vers la ville.

S'adressant aux journalistes à Genève, M. Laerke a expliqué que les évacuations médicales n'ont pas pu commencer "car les conditions nécessaires n'avaient pas été réunies pour assurer le (déplacement) sécuritaire et volontaire" de la population.

L'ONU affirmait pourtant jeudi avoir reçu "le feu vert" du gouvernement syrien, des groupes d'opposition armés et de la Russie.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a dit que des militants d'Alep associés à Al-Qaïda refusent d'emprunter les corridors russes et syriens pour sortir de la ville. Il a déclaré aux médias, à Moscou, que la Russie "s'inquiète grandement" de voir les combattants de ce qui s'appelait autrefois le Front al-Nosra refuser de sortir.

M. Lavrov a ajouté qu'on empêche aussi les civils qui souhaitent sortir des zones assiégées de s'en aller.

Des images diffusées par la télévision locale montrent des bouteurs qui dégagent des routes, pendant que des autocars et des ambulances attendent pour emporter d'éventuels évacués. Plusieurs résidants hésiteraient toutefois à sortir, par crainte d'être arrêtés.

De son côté, le chef onusien des droits de la personne a déclaré vendredi que la ville d'Alep a été transformée en "abattoir". S'adressant au Conseil des droits de la personne par visioconférence, le prince jordanien Zeid Ra'ad al-Hussein lui a demandé de mettre ses différends de côté pour se concentrer sur les civils qui souffrent.

M. Zeid a dit que les violations des droits de la personne en Syrie, et particulièrement dans l'est d'Alep, "représentent des crimes aux proportions historiques".

"L'échec collectif de la communauté internationale à protéger les civils et à mettre fin à ce massacre devrait tous nous hanter", a-t-il dit.

L'ambassadeur syrien auprès du conseil, Hussam Edin Ala, a rapidement répliqué que "la souffrance humaine à Alep n'est pas une urgence" et dénoncé la "propagande" de pays comme le Royaume-Uni.

L'organisation humanitaire Save the Children rapporte de son côté que des bombes à dispersion ont été récemment larguées dans l'est d'Alep. Le groupe témoigne de 137 attaques utilisant de telles bombes entre le 10 septembre et le 10 octobre, soit un bond de 791 pour cent par rapport à la moyenne des huit mois précédents. Plus de 130 enfants auraient été tués par des bombes à dispersion à travers la Syrie depuis un an.

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