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20/10/2016 13:18 EDT | Actualisé 21/10/2017 01:12 EDT

UE: les 28 veulent "plus d'efforts" pour réduire les arrivées de migrants africains

Les dirigeants des 28 pays de l'UE ont appelé jeudi à faire "plus d'efforts" pour diminuer les arrivées et accélérer les renvois de migrants irréguliers africains, grâce à des "pactes" avec des pays-clés en Afrique, lors d'un sommet jeudi à Bruxelles.

Après l'accord conclu avec la Turquie en mars, qui a fait chuter drastiquement les arrivées de migrants en Grèce, l'UE cherche à conclure des "pactes migratoires" avec cinq pays jugés prioritaires en Afrique (Niger, Nigeria, Ethiopie, Mali et Sénégal).

La chef de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini, a présenté jeudi aux dirigeants des 28 un premier bilan des préparatifs de ces accords "sur mesure", jugeant qu'il y avait déjà eu "plus de progrès dans les derniers mois que dans les dernières années".

Selon des conclusions adoptées jeudi à Bruxelles, les dirigeants européens lui ont demandé de présenter "les premiers résultats obtenus en termes d'arrivées et de retours" lors d'un prochain sommet qui aura lieu en décembre.

"Il faut faire plus d'efforts pour endiguer l'afflux de migrants irréguliers, en particulier en provenance d'Afrique, et améliorer les taux de retour" des migrants ne pouvant prétendre au statut de réfugiés en Europe, insistent-ils dans ce texte.

Ils y appellent à utiliser comme leviers tous les "instruments et outils pertinents" au niveau européen, "y compris en matière de développement et de commerce", selon le texte.

Selon Mme Mogherini, les pactes doivent être "gagnant-gagnant" avec les pays africains, en les aidant notamment à créer des perspectives d'emplois pour leurs ressortissants et éviter que la migration soit leur seule perspective.

Ils devront être "prêts" avant le printemps, période traditionnelle de reprise des périlleuses traversées de la Méditerranée centrale après l'hiver, a estimé un responsable européen.

Cette route migratoire est redevenue la principale vers l'Europe ces derniers mois, depuis que les traversées se sont taries en mer Egée.

Et la pression ne faiblit pas sur l'Italie, où plus de 142.000 arrivées ont été comptabilisées depuis le début de l'année (chiffres de l'OIM - Organisation internationale pour les migrations - datant de début octobre).

Les conclusions du sommet exhortent aussi les Etats membres à "intensifier leurs efforts pour accélérer les relocalisations" de réfugiés dans l'Union depuis l'Italie et la Grèce.

Ce dispositif, encore très loin d'avoir atteint les objectifs fixés il y an un an (environ 6.200 personnes ont été "relocalisées" sur un objectif initial fixé à 160.000), est contesté par certains pays hostiles à ce système provisoire de quotas obligatoires, Hongrie en tête.

Pour préparer l'avenir, quand ce plan controversé sera arrivé à son terme en septembre 2017, le Conseil européen a appelé jeudi "à continuer le travail" sur l'épineuse réforme des règles de Dublin, qui déterminent les responsabilités des Etats membres en termes d'accueil de réfugiés.

Mais les dirigeants des 28 se sont gardés d'entrer dans le débat sur la forme que pourrait prendre à l'avenir la contribution des pays refusant tout quota d'accueil.

cds/agr/lpt