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20/10/2016 06:06 EDT | Actualisé 21/10/2017 01:12 EDT

Syrie: la prolongation de la trêve positive mais pas suffisante (ministre canadien)

La décision de Moscou de prolonger la trêve à Alep est positive mais pas suffisante pour assurer l'accès humanitaire et améliorer les perspectives de règlement en Syrie, a estimé jeudi le ministre canadien des affaires étrangères, Stéphane Dion.

La Russie a accepté de prolonger jusqu'à samedi soir la trêve à Alep (nord de la Syrie), comme l'avait promis auparavant l'armée syrienne.

"C'est un signe positif (..) mais ce n'est pas suffisant", a déclaré le ministre à l'AFP. M. Dion se trouve à New York pour participer jeudi après-midi à une réunion informelle de l'Assemblée générale de l'ONU sur la crise syrienne.

Il a souligné que la trêve "n'est pas suffisamment longue pour permettre à l'aide humanitaire de parvenir dans de bonnes conditions". De plus "on souhaite tous une reprise des négociations" entre le régime syrien et l'opposition, et "on ne peut pas le faire sur la base d'une parenthèse aussi courte".

Il a estimé que la réunion de ce jeudi à l'Assemblée générale, convoquée à l'initiative du Canada avec le soutien de 72 pays sur les 193 membres de l'ONU, "pourrait avoir des conséquences positives".

"L'objectif est de faire pression sur ceux qui peuvent prendre des mesures concrètes", a-t-il expliqué en référence notamment à la Russie.

Moscou a utilisé son droit de veto au Conseil de sécurité pour bloquer il y quelques jours une résolution exigeant la fin des bombardements russes et syriens sur Alep.

"On peut s'attendre, a déclaré M. Dion, à ce que tout le monde soit d'accord pour une cessation des hostilités et l'ouverture de l'aide humanitaire, il faut que cela soit dit de la manière la plus forte possible et c'est le but de la réunion d'aujourd'hui".

"Quand 72 pays suivent ça prouve que l'initiative est la bienvenue", a-t-il estimé.

Cette initiative est dans le droit fil de la volonté du Canada de jouer un rôle plus actif sur la scène internationale et notamment à l'ONU.

Depuis l'arrivée au pouvoir du Premier ministre Justin Trudeau, le Canada a accru sa participation aux missions de maintien de la paix de l'ONU et s'est porté candidat à un siège de membre non-permanent au Conseil de sécurité.

"Le Conseil n'est pas pour nous un objectif mais un moyen par lequel le Canada pourrait procurer au monde plus de sécurité et de justice", a affirmé M. Dion. "L'objectif c'est d'agir, et d'agir tout de suite dans le cas de la Syrie".

avz/vog