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20/10/2016 02:07 EDT | Actualisé 21/10/2017 01:12 EDT

Syrie: l'UE envisage des sanctions contre "les soutiens du régime", sans exclure la Russie

Les dirigeants des 28 pays de l'UE, qui évoqueront jeudi soir à Bruxelles le rôle de la Russie dans le siège d'Alep en Syrie, envisagent "toutes les options y compris des sanctions supplémentaires" ciblant "les soutiens du régime" sans exclure la Russie, selon un projet d'accord consulté par l'AFP.

Dès mercredi soir, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande ont brandi la menace de sanctions contre la Russie, à l'issue d'une réunion à Berlin avec Vladimir Poutine.

Mme Merkel a estimé qu'"on ne peut pas se priver de cette option", tandis que M. Hollande a déclaré devant la presse: "Tout ce qui peut être de l'ordre de la menace peut être utile".

Lors d'une réunion sur la Syrie lundi à Luxembourg, les 28 ministres des Affaires étrangères de l'UE avaient évoqué l'éventualité de nouvelles sanctions contre "des Syriens" soutenant le régime de Bachar al-Assad.

Cette précision de nationalité ne figure plus dans le nouveau projet d'accord - provisoire - du sommet européen de jeudi, ce qui de fait n'exclut pas l'amorce de sanctions contre des Russes.

"L'Union européenne est en train d'envisager toutes les options, y compris des mesures restrictives supplémentaires ciblant des individus et entités soutenant le régime, si les atrocités actuelles devaient se poursuivre", peut-on lire dans ce projet de conclusions du sommet.

Lundi, dans des conclusions adoptées par les chefs de la diplomatie des 28, il était question de continuer la collecte de preuves pouvant amener les responsables des bombardements sur Alep à répondre de "crimes de guerre" devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye.

Et dans ce contexte était évoqué l'objectif d'"imposer des mesures restrictives supplémentaires contre la Syrie ciblant des individus et entités syriens soutenant le régime, dès lors que la répression se poursuit".

- La Russie dans le collimateur -

La Russie est déjà dans le collimateur de l'UE depuis le conflit ukrainien et l'annexion de la Crimée en mars 2014. Des mesures restrictives (interdictions de séjour, gels d'avoirs dans l'UE) frappant près de 200 personnes ou organisations sont déjà en vigueur, sans parler des lourdes sanctions économiques contre Moscou.

Le dernier projet d'accord consulté par l'AFP confirme que les 28 ont l'intention de "condamner fermement" les attaques contre des civils à Alep menées "par le régime syrien et ses alliés, particulièrement la Russie", et d'appeler à "une cessation immédiate des hostilités", afin notamment de permettre l'accès des convois humanitaires aux victimes "sans entrave".

Ils avertissent que ceux qui se rendent coupables de violations du droit international "devront rendre des comptes".

Ce coup de semonce intervient alors que la Russie s'efforce de faire preuve de bonne volonté en vantant la mise en place à Alep de couloirs humanitaires pour permettre l'évacuation de civils blessés ou de rebelles armés.

Mais malgré cette pause "humanitaire", les combats se poursuivaient jeudi matin dans un quartier contrôlé par les rebelles, selon un journaliste de l'AFP.

L'ONU a estimé mercredi que les équipes chargées d'acheminer de l'aide dans Alep avaient besoin "d'au minimum 48 heures" de pause dans les combats.

Le débat promet donc d'être houleux jeudi soir à Bruxelles entre les dirigeants européens qui penchent traditionnellement du côté de Moscou (italien et grec notamment) et les autres grandes capitales, Londres, Berlin et Paris en tête.

"Ce changement de texte, avec un ton plus dur, plus ferme, est quand même assez considérable", a commenté un diplomate européen sous couvert de l'anonymat.

"Ce langage prouve que le sujet russe devient le sujet proéminent du sommet européen", a-t-il souligné.

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