NOUVELLES
20/10/2016 05:24 EDT | Actualisé 21/10/2017 01:12 EDT

Syrie/Alep : premières évacuations médicales vendredi, trêve prolongée (ONU)

Les premières évacuations médicales de l'est d'Alep en Syrie devraient avoir lieu vendredi, a annoncé jeudi l'ONU, à qui la Russie a promis de prolonger la trêve jusqu'à samedi soir.

"Nous avons tous les feux verts nécessaires", de la Russie, du régime syrien et des "groupes armés de l'opposition", a assuré Jan Egeland, à la tête du groupe de travail sur l'aide humanitaire.

"Nous espérons que les premières évacuations médicales pourront avoir lieu demain", a-t-il dit, lors d'un point de presse à Genève.

Environ 200 personnes blessées et malades ont besoin d'être évacuées de toute urgence de l'est d'Alep, zone contrôlée par les rebelles et soumise à un déluge de feu meurtrier depuis une offensive lancée par Damas le 22 septembre pour reprendre ce secteur où vivent quelque 275.000 personnes et entre 6.000 à 7.000 combattants, selon l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

"Plusieurs centaines de personnes et leurs familles" devront être évacuées ces prochains jours et pourront se rendre dans la partie ouest d'Alep, contrôlée par Damas, ou à Idleb, ville contrôlée par les rebelles (à 60 km au sud-ouest d'Alep), selon M. Egeland.

La "pause humanitaire" de 11 heures décrétée par Moscou est entrée en vigueur jeudi. Elle durera jusqu'à samedi soir, ont assuré les autorités russes à l'ONU. L'armée syrienne s'y est également engagée.

L'ONU n'ayant pas pu commencer les évacuations médicales jeudi, faute d'avoir reçu à temps les garanties nécessaires de toutes les parties, elle a demandé à Moscou de prolonger la trêve jusqu'à lundi soir, a indiqué à l'AFP un porte-parole d'Ocha, Jens Laerke. "Cette requête est en cours d'examen par la Fédération de Russie", a-t-il dit.

M. Egeland a souligné pour sa part l'importance que cette trêve puisse durer pour pouvoir notamment, si possible, acheminer des "vivres et du matériel humanitaire".

Staffan de Mistura a de son côté noté que deux des quatre conditions d'un plan qu'il a lui-même élaboré pour l'est d'Alep n'étaient pas remplies.

Brandissant le document devant les journalistes, il a souligné que son plan demande "l'arrêt des bombardements et des combats des deux côtés; le départ volontaire des combattants d'Al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda, devenue le Front Fateh al-Cham, ndlr); des garanties publiques du gouvernement syrien assurant que l'administration locale restera en place et que les combattants qui acceptent de cesser les hostilités puissent rester avec leurs armes; un accès humanitaire".

Les objectifs des points 2 et 3 de ce plan ne sont pas encore atteints, a-t-il déploré.

Le conflit syrien, qui a débuté après la répression en 2011 par le régime de manifestations prodémocratie, a fait plus de 300.000 morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et implique aujourd'hui des acteurs locaux, régionaux et internationaux.

Quelque 861.000 personnes vivent actuellement assiégées dans 18 zones ou localités en Syrie, selon l'ONU. Depuis le début du mois d'octobre, aucun convoi humanitaire n'avait pu rejoindre l'une de ces zones assiégées, jusqu'à l'arrivée jeudi soir d'un convoi dans la ville de Douma, près de Damas.

apo/gca/mct