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20/10/2016 07:23 EDT | Actualisé 21/10/2017 01:12 EDT

RDC: "violente antipathie" du chef de la diplomatie française envers Kabila (majorité présidentielle)

La majorité au pouvoir en République démocratique du Congo a accusé jeudi à Kinshasa le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault d'exprimer de façon violente son "antipathie" vis-à-vis du président congolais Joseph Kabila.

En réaction à l'accord signé à Kinshasa entre la majorité et une frange minoritaire de l'opposition reportant à avril 2018 la présidentielle censée avoir lieu cette année en RDC, M. Ayrault, avait estimé mardi à Paris que cette décision n'était "pas une réponse à la crise" politique congolaise.

Pour le chef de la diplomatie française, en RDC, "il n'y a qu'une façon de sortir de la crise, que le président [Kabila] annonce qu'il ne se représente pas et qu'une date soit fixée pour l'élection".

"M. Jean-Marc Ayrault ne marquera pas son passage au Quai d'Orsay (..) en basant sa stratégie sur des attaques ciblées contre les autorités congolaises, en tentant de poser des actes de souveraineté de la République démocratique du Congo à la place du peuple congolais, en exprimant de façon violente son antipathie vis-à-vis du président Kabila", a déclaré André-Alain Atundu, porte-parole de la Majorité présidentielle (MP), lors d'une conférence de presse.

Les propos de M. Ayrault "ne traduisent pas la réalité des faits", "n'améliorent pas la situation et le rôle de la France dans le monde et ne consolide pas non plus la présence des investisseurs français en République démocratique du Congo", a estimé M. Atundu.

"Peut-être que si notre budget nous avait permis de commander 10 (avions de combat) Rafale, 10 vedettes (...) ses propos eurent été plus affables", a encore dit M. Atundu.

L'accord signé mardi à Kinshasa et rejeté par le "Rassemblement" (la majeure partie de l'opposition réunie autour de l'opposant historique Étienne Tshisekedi) prévoit la constitution rapide d'un nouveau gouvernement dont la tête devrait revenir à une personnalité de l'opposition, mais ne dit pas expressément que M. Kabila ne sera pas candidat à la fin de son mandat, le 20 décembre.

La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011 à l'issue d'un scrutin marqué par des fraudes massives.

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