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20/10/2016 07:23 EDT | Actualisé 21/10/2017 01:12 EDT

Moscou accepte la présence de policiers armés de l'OSCE en Ukraine (Kremlin)

Le président Vladimir Poutine a accepté le principe de l'envoi de policiers armés de l'OSCE dans l'est de l'Ukraine sur lequel insistait Kiev, lors d'entretiens à Berlin sur le conflit ukrainien, a indiqué jeudi son porte-parole.

"Poutine a donné son accord pour la présence d'une mission policière armée de l'OSCE" (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) dans l'est de l'Ukraine, a indiqué M. Peskov au lendemain de pourparlers à Berlin entre les dirigeants russe, ukrainien, français et allemand.

"Le déploiement d'une telle mission serait positif, mais il faut encore travailler sur ce projet dans le cadre de l'OSCE", a ajouté le porte-parole du Kremlin.

L'éventualité de la présence d'observateurs de l'OSCE armés dans l'est de l'Ukraine a aussitôt provoqué la colère d'un des dirigeants séparatistes prorusses de la république autoproclamée de Donetsk (DNR), Denis Pouchiline.

"Notre opposition à l'idée d'une mission armée de l'OSCE n'est pas seulement le point de vue personnel des dirigeants de la DNR et de la "République populaire de Lougansk", mais aussi celui de plusieurs milliers de personnes qui ont manifesté ici" contre cette éventualité, a-t-il déclaré à l'AFP.

En juin, plus de 5.000 personnes s'étaient rassemblées à Donetsk, fief des rebelles prorusses, pour protester contre tout déploiement d'une mission armée de l'OSCE.

Les observateurs de l'OSCE chargés de surveiller la zone du conflit dans l'Est de l'Ukraine depuis le début des hostilités en avril 2014 ne sont actuellement pas armés. Leur mandat a été renouvelé jusqu'à fin mars 2017 et pour le modifier, l'accord des 57 pays membres sera nécessaire.

Mercredi soir, à l'issue de difficiles entretiens à Berlin, Vladimir Poutine était resté évasif sur le sujet, se contentant de souligner que les quatre dirigeants étaient favorables à un élargissement de la mission d'observation de l'OSCE en Ukraine.

Les accords de paix signés à Minsk en 2015 sont dans l'impasse depuis des mois. Ils prévoyaient un cessez-le-feu immédiat et le retrait de toutes les armes lourdes à 15 km de la ligne de contact, deux dispositions régulièrement violées d'un côté comme de l'autre.

L'Ukraine est en proie depuis plus de deux ans à un conflit opposant ses forces à des rebelles prorusses qui sont, selon Kiev et les Occidentaux, soutenus militairement par la Russie, ce que Moscou dément. Le conflit a fait près de 10.000 morts.

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