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20/10/2016 08:13 EDT | Actualisé 21/10/2017 01:12 EDT

Les forces kurdes attaquent des positions jihadistes près de Mossoul

Des combattants kurdes ont lancé l'assaut sur plusieurs villages tenus par le groupe Etat islamique (EI) autour de Mossoul, au quatrième jour de la vaste offensive des forces irakiennes et de la coalition internationale pour reprendre la deuxième ville d'Irak aux jihadistes.

Lors d'une réunion internationale à Paris consacrée à Mossoul, le Premier ministre irakien Haider Al-Abadi a assuré par vidéoconférence depuis Bagdad que les forces irakiennes progressaient "plus vite que prévu" vers Mossoul.

Cette réunion, coprésidée par la France et l'Irak, visait à préparer l'avenir politique de la ville où 1,5 million de personnes sont prises au piège, faisant craindre une crise humanitaire de grande ampleur et un exode massif des civils.

Le principal objectif de la dernière avancée kurde est la ville de Bachiqa, au nord-est de Mossoul. Les forces irakiennes, appuyées par les frappes aériennes de la coalition internationale sous commandement américain, mènent également des assauts vers la ville depuis l'est et le sud.

"Il s'agit de nettoyer un certain nombre de villages aux alentours et de sécuriser le contrôle de zones stratégiques pour restreindre les mouvements de l'EI", a indiqué un communiqué des peshmergas kurdes.

Vers 06H00 (03H00 GMT), des pelleteuses ont ouvert la voie aux véhicules blindés vers Bachiqa, a constaté un journaliste de l'AFP. Alors qu'une colonne de combattants se formait, un drone a fait son apparition, aussitôt abattu dans un grand fracas par les combattants kurdes.

- Drones de l'EI -

Selon le journaliste, qui a pu voir l'un des drones neutralisés par les peshmergas, il s'agissait d'un appareil similaire à celui ayant tué deux combattants kurdes et blessés deux soldats français il y a une semaine.

"Ces drones appartiennent à l'EI (...) Nous (les) avons donc détruits", a déclaré le général Aziz Weysi, commandant d'une force d'élite des peshmergas. "Ils peuvent assurer (des missions) de repérage et exploser", a-t-il affirmé à l'AFP.

A l'est de Mossoul, les forces d'élites du contre terrorisme (CTS) ont repris jeudi la ville chrétienne de Bartalla, contrôlée par les jihadistes depuis leur vaste offensive en 2014.

"Les habitants (de Bartalla), ses églises et toutes ses infrastructures sont désormais sous le contrôle des CTS", a annoncé à la télévision un commandant de ces forces d'élite présent sur le terrain.

La ville, située à moins de 15 kilomètres de la rive est de Mossoul, avait été cette semaine le théâtre d'une résistance acharnée des jihadistes.

Jeudi, dans sa propagande de terreur habituelle, l'EI a publié une vidéo montrant les corps de deux hommes, présentés comme des combattants kurdes, pendus par les pieds à un pont dans le centre de Mossoul.

- Drapeaux blancs -

Au sud de Mossoul, les forces irakiennes progressaient vers la vallée du Tigre et rencontraient un certain nombre de civils en fuite. Des dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants qui se sont échappés du village de Mdaraj à pied ou en voiture attendaient que la police fouille leurs effets personnels.

"Nous nous sommes faufilés", a raconté l'un d'eux, Abou Hussein, expliquant que les énormes panaches de fumée noire provoqués par l'EI pour se protéger des frappes aériennes les avaient aidés à passer inaperçus.

"Nous tenions des drapeaux blancs et nous sommes dirigés vers" les forces de sécurité irakiennes, a déclaré Abou Hussein.

Selon l'ONU, jusqu'à un million de personnes prises au piège à l'intérieur de Mossoul pourraient être forcées à fuir en raison des combats.

Malgré leur avancée rapide, les forces irakiennes sont encore à plusieurs kilomètres de la ville. Pour l'heure, "les activités militaires se concentrent dans des zones à faible densité de population et nous n'avons pas enregistré de déplacements massifs de civils", a déclaré mercredi le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les affaires humanitaires, Stephen O'Brien.

Lors de la réunion de Paris jeudi, le président français François Hollande a mis en garde contre la fuite de jihadistes de Mossoul vers Raqa, en Syrie voisine.

"Nous devons être exemplaires sur le plan de la poursuite des terroristes qui déjà quittent Mossoul pour rejoindre Raqa, (...) nous ne pouvons admettre une évaporation de ceux qui étaient à Mossoul", a-t-il averti.

L'opération d'envergure lancée lundi pour reprendre Mossoul, contrôlée par l'EI depuis juin 2014, s'annonce comme la plus complexe, 3.000 à 4.500 jihadistes étant encore retranchés dans la cité.

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