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20/10/2016 19:46 EDT | Actualisé 21/10/2017 01:12 EDT

Le Venezuela suspend la collecte des signatures nécessaires pour un référendum anti-Maduro

Les autorités électorales vénézuéliennes ont reporté sine die jeudi la collecte, prévue la semaine prochaine, des signatures nécessaires pour organiser un référendum révocatoire contre le président Nicolas Maduro.

Le Conseil national électoral (CNE) "respecte les mesures ordonnées par les tribunaux et instruction a été donnée de reporter le processus de collecte (des signatures) jusqu'à ce que de nouvelles instructions soient délivrées par la justice", a-t-il annoncé.

L'opposition regroupée autour de la Table pour l'unité démocratique (MUD), majoritaire au Parlement, devait, les 26, 27 et 28 octobre, réussir à regrouper quatre millions de signatures, soit 20% de l'électorat, pour que soit organisé ce référendum.

Mais des tribunaux locaux dans au moins cinq Etats fédérés ont annulé une première collecte de paraphes représentant 1% de l'électorat réalisée en juin, qui est l'une des conditions pour passer à la seconde étape, la collecte de signatures de 20% de l'électorat.

D'après le CNE, les tribunaux ont évoqué des "fraudes", notamment dans le décompte des signatures.

Ces annulations ont "pour conséquence la suspension, jusqu'à nouvel ordre, du processus de collecte de 20%" de l'électorat, explique encore le CNE.

Fin juin, au moins 200.000 signataires (soit 1% de l'électorat) devaient se rendre dans l'un des 128 points de validation habilités par le CNE et y apposer leur empreinte digitale, afin de valider leur soutien au référendum.

Après plus d'un mois d'audit, l'organisme avait donné son feu vert à la première étape: 399.412 signatures avaient été validées, soit le double du minimum demandé.

Le CNE avait prévenu que si le seuil de 1% n'était pas atteint dans un des 24 Etats du Venezuela, l'ensemble du processus serait invalidé. L'annulation de la collecte du mois de juin a donc mis en péril l'ensemble du processus.

L'opposition à Nicolas Maduro accuse les autorités électorales de jouer le jeu du président.

Quelques heures après l'annonce des autorités électorales, la MUD a annoncé qu'elle ferait part vendredi des "alternatives" qu'elle envisage pour continuer son "combat" contre le chef de l'Etat, élu en 2013 après la mort de son prédécesseur Hugo Chavez.

L'opposition "étudie" sa réponse et tente de trouver un "consensus avec tous les secteurs", a expliqué Jesus Torrealba, porte-parole de la MUD, sur Twitter, promettant une réponse "implacable et sereine". Le gouvernement, a-t-il encore assuré, "ne pourra pas reporter le changement que le pays réclame".

Pour la MUD, M. Maduro est responsable de la crise économique dans ce pays pétrolier asphyxié par la chute des cours du brut, dont il est fortement dépendant.

L'impopularité du président vénézuélien, dont le mandat dure jusqu'en 2019, atteint des niveaux record. D'après un sondage de l'institut Datanalisis, 76,5% des Vénézuéliens désapprouvent son action et 62,3% d'entre eux se disent prêts à voter pour sa révocation.

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