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20/10/2016 12:33 EDT | Actualisé 21/10/2017 01:12 EDT

Le Ceta pourrait être le "dernier accord commercial" de l'UE en cas d'échec (Tusk)

L'accord de libre échange UE-Canada (Ceta) pourrait être le "dernier accord commercial" de l'UE en cas d'échec, s'est inquiété jeudi le président du Conseil européen Donald Tusk, enjoignant la Belgique à donner son feu vert à ce traité d'ici vendredi.

"Je crains que le Ceta ne puisse être notre dernier accord de libre échange", a déclaré M. Tusk en arrivant à un sommet européen des 28 à Bruxelles.

"J'espère que la Belgique prouvera une fois encore qu'elle est une vraie championne en matière de compromis et que nous parviendrons vendredi à avoir un accord pavant la voie au Ceta", a-t-il ajouté.

Favorable à cet accord, le Premier ministre belge Charles Michel, à la tête d'un Etat fédéral complexe, a besoin du feu vert des sept parlements du royaume pour entériner le traité avec le Canada. Or la Wallonie, la région francophone du sud de la Belgique (3,6 millions d'habitants), refuse toujours d'approuver l'accord négocié pendant sept ans avec Ottawa.

"C'est un moment délicat, car je veux respecter la démocratie en Belgique et le rôle du Parlement wallon qui a le droit et le devoir d'exprimer un point de vue sur un accord commercial. Mais en même temps, je constate que la Wallonie à ce stade est le dernier endroit en Europe où l'on s'oppose à ce qui est sur la table", a constaté M. Michel.

Le ministre-président de la Wallonie, Paul Magnette, qui a eu des discussions pendant la journée avec la Commission, a réuni dans la soirée son gouvernement à Namur, la capitale de la région, et présentera son rapport vendredi matin aux députés wallons, a indiqué son porte-parole à l'AFP.

- 'Rien n'est acquis' -

Une réunion extraordinaire des ambassadeurs des 28 Etats membres de l'UE basés à Bruxelles a eu lieu jeudi soir pour tenter de débloquer l'impasse.

"Rien n'est acquis. Le problème n'est pas réglé", a déclaré une source européenne.

Outre la Wallonie, la Roumanie et la Bulgarie expriment également des réserves, réclamant la libéralisation des visas pour leurs ressortissants désirant se rendre au Canada en échange de leur feu vert au Ceta.

Le traité de libre échange doit être en principe signé le 27 octobre prochain à Bruxelles entre les 28 et le Canada, en présence du Premier ministre canadien Justin Trudeau.

M. Tusk a par ailleurs exprimé des craintes plus large sur l'avenir des traités commerciaux négociés par l'UE. "Le problème va bien au delà du Ceta", a-t-il averti, préoccupé de voir qu'une partie de la population européenne reste hostile à de grands accords commerciaux.

Ce blocage soulève des interrogations sur la capacité des 28 à négocier des traités commerciaux avec des pays comme les Etats-Unis ou le Japon.

Pour tenter de répondre aux craintes suscitées par les accords de libre échange, M. Tusk a souligné que l'UE avait besoin "d'instruments efficaces pour se protéger contre des pratiques commerciales déloyales".

Cette question d'une modernisation des outils à disposition de l'UE, sous pression face aux pratiques de dumping, notamment celles des Chinois dans l'acier, figure à l'ordre du jour du sommet européen vendredi.

Le temps presse car d'ici au 11 décembre, la Commission européenne doit se prononcer sur le "statut d'économie de marché" de la Chine au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Un tel statut pourrait déboucher sur une forte baisse des droits de douane et ouvrir davantage les portes aux importations de produits chinois.

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