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20/10/2016 09:18 EDT | Actualisé 21/10/2017 01:12 EDT

Le Ceta pourrait être le "dernier accord commercial" de l'UE en cas d'échec (Tusk)

L'accord de libre échange UE-Canada (Ceta) pourrait être le "dernier accord commercial" de l'UE en cas d'échec, s'est inquiété jeudi le président du Conseil européen, Donald Tusk, en enjoignant la Belgique à donner son feu vert à ce traité d'ici vendredi.

"Je crains que le Ceta ne puisse être notre dernier accord de libre échange", a déclaré M. Tusk en arrivant à un sommet européen des 28 à Bruxelles.

"J'espère que la Belgique prouvera une fois encore qu'elle est une vraie championne en matière de compromis et que nous parviendrons vendredi à avoir un accord pavant la voie au Ceta", a-t-il ajouté.

Favorable à cet accord, le Premier ministre belge Charles Michel, à la tête d'un Etat fédéral complexe, a besoin du feu vert des sept Parlements que compte le royaume pour pouvoir entériner le traité avec le Canada. Or, pour l'instant, la Wallonie, la région francophone du sud de la Belgique (3,6 millions d'habitants), refuse toujours d'approuver l'accord négocié pendant sept ans avec Ottawa.

"C'est un moment délicat, car je veux respecter la démocratie en Belgique et le rôle du Parlement wallon qui a le droit et le devoir d'exprimer un point de vue sur un accord commercial. Mais en même temps, je constate que la Wallonie à ce stade est le dernier endroit en Europe où l'on s'oppose à ce qui est sur la table", a constaté M. Michel.

"Les derniers textes ont été envoyés par la Commission européenne au gouvernement wallon. Nous attendons donc une réponse du gouvernement wallon. Le plus vite sera le mieux. J'espère de tout coeur qu'il sera possible d'avoir la clarté dans les prochaines heures ou les prochains jours. On est très proche du moment de vérité", a-t-il dit.

Une réunion extraordinaire des ambassadeurs des 28 Etats membres de l'UE basés à Bruxelles était prévue jeudi soir pour tenter de débloquer l'impasse, selon une source européenne.

Le chancelier autrichien Christian Kern a affiché un certain optimisme quant à la signature du traité de libre échange le 27 octobre à Bruxelles entre les 28 et le Canada.

"Je suis convaincu que nous arriverons à trouver une solution", a-t-il assuré. "Je ne pense pas que le processus de négociation sera terminé aujourd'hui ou demain, mais en tout cas, je table qu'il le sera à temps d'ici au 27 octobre", a-t-il observé.

M. Tusk a par ailleurs exprimé des craintes plus large sur l'avenir des traités commerciaux négociés par l'UE. "Le problème va bien au delà du Ceta", a-t-il averti, préoccupé de voir qu'une partie de la population européenne reste hostile à de grands accords commerciaux.

Ce blocage soulève des interrogations sur la capacité des 28 à négocier des traités commerciaux avec des pays comme les Etats-Unis ou le Japon.

Pour tenter de répondre aux craintes suscitées par les accords de libre échange, M. Tusk a souligné que l'UE avait besoin "d'instruments efficaces pour se protéger contre des pratiques commerciales déloyales".

Cette question d'une modernisation des outils à disposition de l'UE, sous pression face aux pratiques de dumping, notamment celles des Chinois dans l'acier, figure à l'ordre du jour du sommet européen vendredi.

Le temps presse car d'ici au 11 décembre, la Commission européenne doit se prononcer sur le "statut d'économie de marché" de la Chine au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Un tel statut pourrait déboucher sur une forte baisse des droits de douane et ouvrir davantage les portes aux importations de produits chinois.

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