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20/10/2016 11:01 EDT | Actualisé 21/10/2017 01:12 EDT

La force tranquille des champions Duhamel et Radford

La première fois, il fallait conquérir le titre mondial. L'année suivante, il fallait le défendre. À la veille d'amorcer leur troisième saison d'affilée avec comme objectif de décrocher la couronne mondiale, les patineurs Meagan Duhamel et Eric Radford affichent cette fois-ci la confiance de ceux qui ont gagné leurs éperons.

« Je crois que cette année, nous sommes prêts à attaquer la saison. L'an passé, nous n'avions pas ce côté plus agressif au début », a expliqué Duhamel.

De son propre aveu, le couple de patineurs vivait avec une immense pression, celle de répéter ses exploits qui s'accumulaient, qui étaient nombreux. Une tension palpable qui devenait parfois difficile à négocier pour les trentenaires.

« À l'automne passé, nous avons commencé la saison avec notre premier titre de champion du monde et nous nous étions mis trop de pression sur les épaules sans le réaliser, s'est souvenu Radford, un résident de l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve à Montréal. En avril dernier, nous avons gagné une seconde fois, mais pas de la même façon. Maintenant, nous nous sentons plus relaxes et nous profitons du plaisir de patiner ».

Rencontrés en marge de la première compétition majeure de la saison, le Grand Prix ISU Skate America, Duhamel et Radford ont expliqué avoir ajouté le triple axel à leur programme déjà relevé.

Le duo réserve toutefois son entrée en lice à l'événement Internationaux Patinage Canada la semaine prochaine à Mississauga en Ontario. C'est d'ailleurs là où se sont donné rendez-vous les grands noms du patinage artistique canadien. Tessa Virtue et Scott Moir, champions olympiques en danse, reprendront le collier après une pause de deux ans, tout comme le médaillé d'argent de Sotchi, Patrick Chan.

Quintuples champions nationaux et doubles médaillés d'or aux mondiaux, Duhamel et Radford ne cessent d'accumuler les honneurs. Leur but ultime demeure la conquête d'une médaille olympique dans un an et demi à Pyeongchang en Corée du Sud. Ils avaient pris le 7e rang à Sotchi.

D'ici décembre, le duo prendra aussi part au Trophée NHK. Pour leur programme court, Duhamel et Radford ont opté pour un style rock and roll très différent de ce qu'ils ont l'habitude de présenter. Ils ont choisi la chanson Killer de Seal. Pour le libre, la francophonie sera à l'avant-plan avec l'interprétation de Je ne regrette rien d'Édith Piaf par Patricia Kaas.

Les Québécois incorporeront le triple axel lancé au programme court, un nouvel élément qu'ils ont appris dans les derniers mois.

« Nous cherchions une façon de rendre notre programme plus fort en plus des chorégraphies plus complexes. Nous avons dû apprendre un axel lancé, un double axel lancé et un triple axel lancé pour y arriver. C'était l'fun comme défi. »

En année préolympique, il est encore trop tôt pour les patineurs pour penser à Pyeongchang 2018.

« Sotchi paraît si loin et c'était pourtant il y a presque trois ans. On dirait que nous avons cligné des yeux. Nous sommes à un point dans notre carrière où nous apprécions chaque moment avant que tout soit terminé. Nous nous approchons de la fin de notre carrière pour la première fois », fait savoir Radford qui a remporté l'or avec Duhamel au Trophée Finlandia de la série Challenger au début octobre.

Quatre Canadiens en action en fin de semaine

L'année 2016-2017 marque le retour à la compétition pour le couple formé de Julianne Séguin et Charlie Bilodeau. L'hiver dernier, la Longueuilloise s'était blessée à une cheville, ce qui a forcé le duo à se retirer des Championnats des quatre continents et des Championnats du monde au printemps.

Lors du premier week-end d'octobre, le couple a commencé sa saison en force en remportant la Classique internationale d'automne à Pierrefonds-Roxboro.

« Je crois beaucoup au fait que rien n'arrive pour rien. Je pense que c'était peut-être dû pour nous arriver, explique la principale intéressée. Nous avons changé notre façon de penser et de nous entraîner. J'aurais pu continuer pour les mondiaux, mais nous aurions pu être arrêtés pour six mois après. Je pense que c'était plus logique de tout arrêter, reprendre notre souffle et recommencer l'année en force. »

Avec une première victoire sur la scène internationale, le stress du retour semble s'être dissipé selon son partenaire.

« Il y a toujours une certaine crainte quand il y a une blessure parce que la roue n'arrête pas de tourner. Les gens continuent à monter de niveau et quand tu reviens tu ne sais jamais où tu te situes. Nous, nous revenons où nous avons arrêté et nous continuons de progresser, alors c'est encourageant. »

Outre Séguin et Bilodeau, Nam Nguyen et Gabrielle Daleman patineront en solo à Skate America, présenté à Chicago.