DIVERTISSEMENT
20/10/2016 04:13 EDT | Actualisé 21/10/2016 10:58 EDT

La Femme et son «Mystère» en spectacle à Montréal

LCC

La Femme est le groupe de l’heure en France selon plusieurs journalistes et mélomanes français. En septembre, il a proposé son second long jeu intitulé Mystère. Le magazine Rolling Stone l’a qualifié de «petit bijou équilibré et très travaillé» tandis que les Inrocks a écrit «La Femme est l’avenir du rock». À l’approche du concert de La Femme qui sera livré au Théâtre Fairmount de Montréal, vendredi, nous avons jasé avec le réalisateur, arrangeur et musicien Sacha Got, l’une des têtes pensantes de la formation.

Mystère est la continuité du premier album (complet) Psycho Tropical Berlin, paru en 2013. C’est un brillant mélange de 15 chansons francophones - pour la grande majorité - à saveur de la France des années 1960, de yéyé, de disco, d’électro-pop, de cold wave et de rock psychédélique un brin lustré, mais audacieux. Tantôt, la musique est sensuelle (Elle ne t’aime pas), tantôt elle est délurée (Tatiana). Elle est exotique aussi. Pensons à l’excellente Al Warda qui évoque le Maghreb. À cette musique hybride se marie des textes affranchis et savoureux. Parfois le chant est fluide et délicat, parfois le phrasé est quasi rappé.

Afin d’appuyer la voix masculine de Marlon Magnée, l’autre fondateur du groupe avec Sacha, une dizaine de jeunes femmes, professionnelles ou non, ont prêté leur voix à la bande pour l’album.

Comme se plaît à dire le groupe, Mystère est à la fois moderne et vintage. Il ressemble à un hommage à la jeunesse éternelle, à l’aventure, aux rencontres de toutes sortes.

Melody Nelson et le tueur de fleur

Il y a trois ans, La Femme attirait déjà l’attention. Nous avions d’ailleurs rencontré trois de ses membres dans le cadre d’une performance aux FrancoFolies de Montréal. Aujourd’hui c’est la folie pour le groupe. Celui-ci a déjà livré plus de 25 concerts depuis la publication du récent album, le 2 septembre, et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Il assumera même la première partie d’une dizaine de spectacles de Red Hot Chili Peppers dans quelques pays européens.

«L’album a été conçu surtout par Marlon, Sam (Lefèvre, le petit pro du studio) et moi-même, raconte Sacha au bout du fil. Il a été enregistré en Bretagne et à Paris (dans une cave transformée en studio-maison), puis mixé à Los Angeles […] Les influences musicales sont très diversifiées, en effet. L’album est le fruit de nombreuses rencontres, de voyages et de beaucoup d’écoute sur Internet. Marlon y a même découvert de la disco turque pas mal du tout…»

Questionné quant à certaines ressemblances entre Mystère et le mythique album de Serge Gainsbourg, Histoire de Melody Nelson (1971), Sacha répond ceci: «Carrément. C’est une influence majeure pour nous. On adore. Des pièces comme Al Warda ont été insufflées par l’esprit de Gainsbourg ou par celui de Jean-Claude Vanier (qui a été le collaborateur de Gainsbourg pour la composition et les arrangements). Histoire de Melody Nelson était très en avance sur son temps quand il est sorti. Les gens ont tardé, je crois, à réaliser tout le génie qui émanait de cette œuvre.»

Un peu à la Gainsbourg, justement, Mystère renferme des morceaux inspirés de flirtes, de relations amoureuses, voire de liaisons dangereuses. Le joli titre Tueur de fleur relate, d’après Sacha, une «des nombreuses histoires amoureuses qui se sont mal terminées pour Marlon (rires). Cela dit, il joue avec les mots. C’est peut-être une femme qui l’a tué, en vérité…»

«Quand elle s'est mise à fleurir, tu as brisé ses rêves

Sans prendre en compte ses désirs

Maintenant tu pleures

C'est le tueur de fleurs

Tu viens de comprendre, elle était rare cette fleur.

À quoi bon toujours vouloir la transformer à ton image

Pour la jeter dans quelques mois?

Ah, ces fleurs qui poussent dans des miroirs

Sont des fleurs qui brillent aussi dans le noir

Elle n'a pas peur du tueur de fleurs

Elle les dévore

C'est une plante carnivore.

Oh, c'est le tueur de fleurs.»

Un Mystère qui fait bouger

Bien que Sam (basse), Sacha (guitare et chant), et Marlon (clavier et chant) soient responsables de la création de l’album Mystère, trois autres membres poussent au corps de Le Femme quand il est pour le groupe de monter sur scène: Noé Delmas (batterie), Lucas Nunez Ritter (percussions) et la touche féminine de la formation Clémence Quélennec (clavier et chant) s’ajoutent au trio.

«Six personnes sur scène, c’est bien. Ça crée pas mal d’énergie. Le concert est assez rock, dans l’ensemble. On est assez fidèle aux pièces originales, mais on improvise un peu. Les gens dansent, sautent et font parfois même le pogo (cette danse vigoureuse exécutée parfois par certains spectateurs dans un endroit pas clairement défini devant la scène communément appeélé mosh pit de ce côté francophone de l’Atlantique). Je pense que les gens sont très satisfaits du concert en général. C’est très demandant pour nous, mais on a beaucoup de plaisir.»

La Femme a déjà entamé sa longue tournée de concerts. Le groupe jouera dans différentes villes de l’Amérique du Nord, dont New York, Los Angeles et Seattle. Il offrira aussi plusieurs prestations en Europe, puis en Asie.

Le spectacle, qui sera livré au Théâtre Fairmount de Montréal le 21 octobre, affiche complet. Pour plus d'informations, c'est ici.

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