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20/10/2016 11:44 EDT | Actualisé 21/10/2017 01:12 EDT

Irak: l'offensive pour reprendre Mossoul se poursuit

BARTELLA, Irak — Les forces spéciales irakiennes se sont lancées jeudi dans la bataille pour reprendre la ville de Mossoul, avec une offensive qui visait à capturer une ville voisine contrôlée par Daech (le groupe armé État islamique).

L'ajout de ces troupes d'élite témoigne d'une intensification importante des combats pour le contrôle de la deuxième ville la plus peuplée du pays. Leur progression a été appuyée par des hélicoptères de combat et des échanges nourris de tirs ont été entendus.

Les militants de Daech ont lancé une dizaine de voitures et de camions piégés contre les forces irakiennes, dont huit qui ont été détruits avant d'atteindre leur cible. Un blindé a toutefois été frappé par un véhicule piégé. On ne dispose d'aucun bilan officiel, mais une source militaire a indiqué sous le couvert de l'anonymat que cinq soldats avaient été blessés.

Les forces spéciales sont entrées dans le village de Bartella — une communauté traditionnellement chrétienne située à environ 15 kilomètres de Mossoul, tombée entre les mains des djihadistes en 2014 — en milieu de journée.

Les combats se concentrent pour le moment en périphérie de Mossoul, mais la progression des troupes irakiennes est ralentie par les mines artisanales cachées par les militants. Les forces spéciales devraient mener l'offensive pour entrer dans Mossoul, où elles affronteront des djihadistes solidement enracinés qui se préparent à ce combat apocalyptique depuis plusieurs mois.

Mossoul est attaquée depuis cinq directions différentes. Les forces kurdes qui participent à l'opération, les peshmergas, ont annoncé jeudi une «vaste opération» au nord et au nord-est de la ville, en précisant par communiqué qu'ils attaqueraient sur trois fronts.

Des affrontements importants ont éclaté autour du village de Barima. Les peshmergas ont notamment utilisé des bouteurs pour combler des tranchées et leurs blindés ont pu prendre position après environ une heure d'échanges de tirs.

Des opérations militaires semblaient également se dérouler dans la ville de Bashiqa, au nord-est de Mossoul. Un panache de fumée épais s'élevait au-dessus de la ville tôt jeudi. La ville avait été bombardée par les peshmergas la veille.

Le premier ministre irakien Haider al-Abadi a déclaré que l'offensive pour reprendre Mossoul progressait «plus rapidement que prévu». Il a ensuite promis de protéger les civils qui fuient les violences.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a prévenu qu'un million de personnes pourraient tenter d'échapper aux combats à Mossoul. Il a ajouté qu'on devrait s'assurer que des djihadistes ne profitent pas de cet exode pour s'enfuir.

Plusieurs organisations caritatives ont prévenu mercredi que l'offensive à Mossoul risquait de donner naissance à une crise humanitaire.