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20/10/2016 07:08 EDT | Actualisé 21/10/2017 01:12 EDT

France: le gouvernement appelle les policiers en colère à "continuer le dialogue"

Face à une mobilisation qui s'étend en province, le gouvernement français a appelé jeudi les policiers à "continuer le dialogue" et condamné l'"utilisation politique" du mouvement par l'opposition, qui multiplie les critiques à quelques mois de la présidentielle.

Les policiers exigent des renforts et des moyens, se plaignent d'un surplus de gardes dites statiques et demandent plus de fermeté judiciaire pour les délinquants.

Les syndicats qui réclament désormais d'être reçus par le président François Hollande demandent aussi la révision des règles de la légitime défense et le retour des peines planchers pour les agresseurs de policiers et gendarmes, créées par la droite et supprimées par la gauche.

Plusieurs centaines de policiers de la région parisienne ont à nouveau bravé leur devoir de réserve pour défiler dans la nuit de mercredi à jeudi sur les Champs-Elysées, après s'être réunis sur la très symbolique place de la République. En civil, ils ont remonté l'avenue, puis entonné la Marseillaise au pied de l'Arc de Triomphe, en cette troisième soirée de mobilisation.

Apparue en banlieue parisienne, après une attaque au cocktail molotov, le 8 octobre dernier, contre deux voitures de police, la colère gronde désormais à travers le pays: des rassemblements se sont tenus mercredi dans plusieurs grandes villes, à Toulouse, Bordeaux, Nancy, Toulon, Nice, Marseille et Lyon.

Un nouveau rassemblement est prévu jeudi soir à Lyon (centre-est) après des incidents survenus dans la nuit de mercredi à jeudi dans un quartier sensible de banlieue. Une quarantaine de jeunes s'en sont pris à des policiers, leur jetant pierres, pavés et boules de pétanque, ainsi que des cocktails Molotov qui n'ont toutefois pas fait de blessés.

A Francfort où il était en déplacement, le Premier ministre Manuel Valls a exhorté jeudi les policiers à "continuer le dialogue" entamé avec le gouvernement et critiqué "l'utilisation politique" du mouvement, en réponse aux critiques virulentes de la droite et de l'extrême droite.

La veille, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait reçu en urgence les syndicats policiers, eux-mêmes dépassés par leur base, en promettant le lancement d'une concertation régionale à partir de lundi, pour compléter un plan "de sécurité publique" prévu en novembre. Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a, lui, promis "la plus grande fermeté" envers ceux qui s'en prennent aux fonctionnaires de police.

Alors que les forces de l'ordre sont très sollicitées en pleine lutte antiterroriste, l'attaque du 8 octobre a cristallisé l'exaspération. L'agent de 28 ans grièvement touché lors de cette attaque "n'est plus sous assistance respiratoire et les médecins ont commencé à le sortir progressivement de son coma artificiel", a indiqué à l'AFP une source policière jeudi.

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