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20/10/2016 03:01 EDT | Actualisé 21/10/2017 01:12 EDT

Conflit de garde d'enfant: trois Français condamnés pour enlèvement en Serbie

Trois Français ont été condamnés jeudi par un tribunal serbe à entre sept et 10 ans de prison ferme, reconnus coupables d'avoir enlevé une enfant de deux ans, en mars 2015 à Belgrade, sur fond de conflit de garde d'enfant en France.

Sébastien Branchu, 46 ans, a été condamné à dix ans de prison, son épouse Alexia, 51 ans, à neuf, et la fille de celle-ci, issue d'une première union, Emeline Oeillet, 27 ans, à sept ans.

Selon le verdict, Emeline Oeillet refusait de partager la garde de sa fille avec le père dont elle est séparée et entendait prouver par des tests ADN sur une autre enfant que son ex-conjoint n'était pas le père afin de lui nier tout droit de garde.

Elle et sa famille se sont emparées de la fillette serbe, en raison de l'âge similaire et de la ressemblance avec la fille d'Emeline Oeillet, pour la soumettre à sa place à un test de paternité.

Ils affirment avoir obtenu l'accord d'une famille serbe pour un "prêt" de l'enfant.

Cette thèse "sur un accord préalable avec les parents de la fillette serbe n'a pas été prouvée", selon le jugement diffusé à la presse.

"Les téléphones et ordinateurs des accusés ont été analysés et aucune trace de contact avec les parents de la fillette serbe n'a été découverte", a déclaré le juge.

Le groupe avait été intercepté par la police serbe quelques heures plus tard sur l'autoroute menant vers la frontière croate.

Les deux femmes vont faire appel du verdict, a indiqué leur avocate Irina Borovic. Sébastien Branchu n'a pas exercé son droit à se défendre.

Michel Oeillet, ex-mari d'Alexia Branchu et père d'Emeline, a dit souhaiter "une expulsion dans les plus brefs délais pour que les peines soient purgées en France". Il a invoqué des "problèmes de santé, deux tentatives de suicide de mon ex-épouse" et "un rapprochement humanitaire".

Un tel transfert "est possible mais fera partie d'une procédure juridique qui doit être engagée", a dit à l'AFP Irina Borovic. Elle s'est félicitée de l'abandon de "l'accusation d'appartenance à un groupe criminel organisé" qui aurait pu alourdir la condamnation.

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