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20/10/2016 11:56 EDT | Actualisé 21/10/2017 01:12 EDT

Carnage de Sanaa: la coalition n'a pas respecté le droit humanitaire international (rapport ONU)

La coalition militaire arabe qui a bombardé le 8 octobre une cérémonie funéraire à Sanaa a utilisé une "double frappe", au risque de toucher des secouristes et au mépris de ses obligations humanitaires, selon un rapport de l'ONU.

Les experts de l'ONU "n'ont pas trouvé d'indications prouvant que la coalition menée par l'Arabie saoudite avait pris des précautions adéquates et efficaces pour minimiser les pertes civiles", indique ce rapport confidentiel transmis au Conseil de sécurité le 17 octobre.

Il y a au contraire "des preuves suggérant que la coalition a contrevenu à ses obligations de protection des blessés et des personnes hors de combat lors de la seconde frappe".

L'attaque, notent les experts, "a coïncidé avec une période où la cérémonie funéraire devait accueillir le plus grand nombre de personnes", notamment des dirigeants politiques et militaires et des civils, y compris des enfants.

La salle accueillait au moins 750 personnes venues présenter leurs condoléances à un dignitaire de la rébellion chiite houthie que combat la coalition, selon le rapport.

"L'intervalle entre les explosions montre l'utilisation délibérée de la tactique dite de +double frappe+", explique le rapport. Dans ce cas, les secouristes ou toute personne se précipitant sur les lieux pour évacuer des blessés risque d'être touchée.

Cette seconde frappe, intervenue trois à huit minutes après la première, "a presque certainement provoqué davantage de pertes humaines parmi les blessés et les gens qui ont porté les premiers secours".

Or les lois humanitaires internationales "interdisent les attaques contre des adversaires hors de combat, des blessés et le personnel médical", rappellent les experts.

Après avoir nié son implication, la coalition arabe intervenant au Yémen avait reconnu une bavure.

Ce carnage, où 140 personnes ont trouvé la mort, avait déclenché un tollé international.

Après enquête, la coalition avait incriminé "le non respect des règles d'engagement et des procédures de la coalition ainsi que d'une information erronée".

Selon elle, les raids ont été lancés sur la base d'informations faisant état de la présence à la cérémonie d'un "grand nombre de responsables militaires des Houthis".

La coalition mène depuis mars 2015 une guerre contre les rebelles chiites Houthis qui contrôlent Sanaa et plusieurs autres régions du Yémen.

Ryad, qui soutient le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, a été accusé à plusieurs reprises d'avoir bombardé des objectifs civils dont des hôpitaux.

avz/bdx